Conflit homme-faune : le gouvernement déploie un dispositif de proximité dans le Woleu-Ntem
En séjour de 48 heures dans le Woleu-Ntem, le ministre Maurice Ntossui Allogo a multiplié les actions de terrain pour renforcer la stratégie nationale de lutte contre le conflit homme-faune, avec l’appui de partenaires techniques et financiers.

Le ministre Maurice Ntossui Allogo procédant à l’inauguration de la Base provinciale d’atténuation du CHF à Oyem, le 11 avril 2026. © D.R.
Dans le cadre du renforcement de la Stratégie nationale de gestion du Conflit homme-faune (CHF), le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, Maurice Ntossui Allogo, a effectué une mission de 48 heures dans la province du Woleu-Ntem.
Accompagné de plusieurs partenaires techniques et financiers, dont la représentante de l’Initiative pour la Forêt d’Afrique Centrale (CAFI) au Gabon, Zita Kassa Wilks, ainsi que des responsables nationaux de Wildlife Conservation Society (WCS) et de Space for Giants, le membre du gouvernement a privilégié une approche de terrain, au plus près des communautés impactées.
Ce déplacement a été ponctué par des actions concrètes, à commencer par l’inauguration de la Base provinciale d’atténuation du CHF à Oyem. Cette infrastructure stratégique est dédiée à l’installation et au suivi technique des clôtures électriques mobiles dans la province. Le ministre a également procédé à la mise en place d’une nouvelle clôture dans le village Adam Andock, avant de se rendre à Abenelang et Essong-Medzome pour évaluer l’efficacité des dispositifs existants et échanger directement avec les populations sur leurs préoccupations.
Dans une démarche empreinte d’humanité, Maurice Ntossui Allogo s’est aussi rendu au chevet d’un compatriote victime d’une attaque d’éléphant, témoignant ainsi de la volonté des autorités d’apporter une réponse à la fois structurelle et sociale à ce phénomène.
Instaurer un dispositif permanent d’atténuation du conflit homme-faune

Quelques étapes du séjour dans le Woleu-Ntem. © D.R.
Face aux riverains, le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à instaurer un dispositif permanent d’atténuation du conflit homme-faune. «Pendant trop longtemps, le cri de détresse de nos parents agriculteurs a résonné dans les tréfonds de nos forêts. Nous mesurons l’impact dévastateur de voir le travail d’une saison réduit à néant en une seule nuit. C’est pourquoi nous déployons aujourd’hui un dispositif de proximité permanent», a-t-il déclaré.
De son côté, la représentante de CAFI s’est félicitée des avancées du programme de coexistence pacifique entre l’homme et l’éléphant. Doté d’un financement de 10 millions de dollars, ce projet a déjà permis l’installation de plus de 1 200 clôtures électriques à travers le pays, avec des résultats jugés encourageants à mi-parcours. «Les résultats sont tangibles : réduction des dévastations de cultures, sécurisation des communautés et amélioration des rendements agricoles. L’inauguration de cette base traduit concrètement les orientations du gouvernement», a-t-elle souligné, réaffirmant l’engagement de CAFI à accompagner le Gabon dans la préservation de ses écosystèmes.
Dans la dynamique de ce programme, d’autres bases provinciales seront prochainement ouvertes dans le Moyen-Ogooué et l’Ogooué-Lolo. Ces structures auront notamment pour missions de centraliser les plaintes, coordonner le déploiement des clôtures électriques et assurer leur maintenance, consolidant ainsi un dispositif de proximité appelé à s’inscrire dans la durée.













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