Crédit, microfinance, gouvernance : Thierry Minko face aux députés pour mettre fin au Far West financier
Au palais Léon-Mba, siège de l’Assemblée nationale, les membres de la Commission des Finances, du Budget et de la Comptabilité publique, présidée par Nicole Jeanine Lydie Roboty épouse Mbou, ont auditionné le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Thierry Minko. Deux projets de loi d’importance capitale figuraient à l’ordre du jour : l’encadrement de l’activité de crédit dans les secteurs bancaire et de la microfinance, et la régulation des conditions d’accès à la fonction de directeur général des établissements de crédit et de microfinance.

Le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Thierry Minko, lors de l’audition. © D.R.
Dans la volonté du gouvernement de refonder le secteur financier trop longtemps livré à des pratiques disparates et souvent abusives, le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Thierry Minko, était face aux députés de la Commission des Finances, du Budget et de la Comptabilité publique.
Auditionné, le 3 avril, concernant deux projets de loi portant sur l’encadrement de l’activité de crédit dans les secteurs bancaire et de la microfinance, et la régulation des conditions d’accès à la fonction de directeur général des établissements de crédit et de microfinance. Dans une intervention empreinte de gravité, il a rappelé les fragilités du système actuel. Pour lui, «ces dysfonctionnements fragilisent les institutions financières, accentuent les inégalités de traitement et freinent l’accès au financement, en particulier pour les populations les plus vulnérables».
Une meilleure transparence dans les offres de crédit…
Conformément aux normes de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), le texte présenté prévoit une meilleure transparence dans les offres de crédit et une harmonisation des mécanismes de recouvrement, gages de sécurité pour les emprunteurs comme pour les prêteurs.
Les échanges avec les députés ont cependant mis en exergue les tensions entre impératifs de régulation et accès équitable au crédit. Plusieurs parlementaires ont exprimé leurs craintes face à un dispositif perçu comme trop protecteur des créanciers. Les exigences documentaires et les taux d’intérêt élevés pourraient, selon eux, «exclure une partie de la population du système financier» et aggraver les inégalités. En réponse, le ministre a plaidé pour une approche équilibrée, assurant que «ces préoccupations sont prises en compte», tout en soulignant l’ampleur du défi représentant près de 250 milliards de francs CFA d’impayés enregistrés.
Réserver les postes de direction… à des cadres maîtrisant les réalités économiques locales
Le second projet de loi a ouvert une autre dimension du débat, celle de la gouvernance et de la compétence nationale dans ces établissements. Thierry Minko a précisé que cette réforme s’inscrit «dans les recommandations issues du Dialogue national inclusif», avec pour ambition de réserver les postes de direction dans les établissements financiers à des cadres maîtrisant les réalités économiques locales. Une orientation qui répond à la vision des plus hautes autorités du pays visant une «transformation durable du modèle économique» et un renforcement de la souveraineté financière du Gabon.
Au terme de l’audition, la Commission, sous la conduite de Nicole Jeanine Lydie Roboty épouse Mbou, va poursuivre l’examen des textes avant leur éventuelle adoption en séance plénière.













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