Le Gabon annonce ses premiers accords de commercialisation de crédits carbone juridictionnels avec SEFE, une entreprise énergétique détenue par l’État allemand. L’opération porte sur environ 6 millions de tonnes de CO₂, avec de premières livraisons prévues au plus tard au premier trimestre 2027. Mais ni le prix par tonne ni les recettes attendues ne sont précisés.

Théophane Nzame-Nze Biyoghe a porté l’annonce officielle : la préservation des forêts gabonaises ouvre la voie à de nouvelles recettes. (Photomontage). © GabonReview

 

La conservation des forêts gabonaises franchit une nouvelle étape commerciale. Dans un communiqué du 3 novembre 2026, lu par Théophane Nzame-Nze Biyoghe, porte-parole de la Présidence de la République, l’exécutif annonce des accords conclus avec SEFE (Securing Energy for Europe). Le Gabon y est représenté par l’Agence gabonaise pour le développement de l’économie verte (AGADEV), chargée de transformer la valorisation du patrimoine naturel en ressources pour le développement.

Selon la Présidence par le voix de Théophane Nzame-Nze Biyoghe, les crédits concernés sont certifiés selon le standard international ART-TREES et éligibles au mécanisme CORSIA, consacré à la compensation des émissions de l’aviation internationale. Il est question de caractère «juridictionnel», ce qui renvoie à des résultats comptabilisés à l’échelle d’un pays ou d’un territoire administratif, au-delà d’un projet forestier isolé.

Le communiqué présente le Gabon comme le premier pays africain à commercialiser des crédits de cette catégorie issus de la préservation forestière et éligibles à CORSIA. L’exécutif entend ainsi faire de la conservation une source de revenus contribuant à la diversification économique.

Combien rapportera cette opération ?

Le volume annoncé ne suffit pas à calculer la valeur des accords. Il faudrait connaître le prix de vente par tonne, absent du communiqué, tout comme le montant global de la transaction et les éventuels frais de commercialisation.

Impossible, donc, de chiffrer les recettes attendues en francs CFA. Les sommes nettes revenant à l’État dépendront des conditions financières négociées et des modalités de répartition. Les premières livraisons sont annoncées au plus tard au premier trimestre 2027, mais aucun calendrier de paiement n’est communiqué.

Les forêts ne sont pas à vendre

Théophane Nzame-Nze Biyoghe précise la nature de la transaction : «Le Gabon ne vend ni ses terres, ni ses forêts.» Les accords portent sur des unités carbone. La propriété et la gestion du patrimoine forestier demeurent, assure-t-elle, entre les mains de l’État gabonais.

Le document affirme également que des mécanismes de vérification et de traçabilité garantissent l’intégrité environnementale des crédits. L’objectif affiché est de rémunérer les résultats de la conservation sans céder les espaces forestiers concernés.

Un partage avec les communautés à préciser

Les revenus de l’État seront «cantonnés jusqu’à l’entrée en vigueur du cadre réglementaire national», indique le porte-parole de la Présidence de la République. Ce cadre prévoit un mécanisme de partage avec les communautés, sans préciser les proportions, les bénéficiaires ou les modalités de versement.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema salue la contribution des Gabonais à la préservation forestière et l’expertise des spécialistes nationaux du suivi environnemental. La Présidence annonce d’autres transactions à venir. Les conditions financières et les règles de partage restent toutefois à préciser pour mesurer les retombées de cette première opération.

 
GR
 

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