Au lendemain du démantèlement à Libreville d’une unité clandestine de reconditionnement d’huile alimentaire, dans laquelle des emballages de la marque Cuisin’Or ont été retrouvés, Olam Palm Gabon annonce le dépôt d’une plainte. L’entreprise assure que ses produits disposent de multiples dispositifs de sécurité rendant leur contrefaçon difficile et entend collaborer avec les autorités pour identifier les responsables de cette affaire, dans laquelle plusieurs ressortissants asiatiques ont été interpellés selon les premiers éléments de l’enquête.

Un employé d’Olam Palm Gabon dans l’usine de Lambaréné. © D.R.

 

Olam Palm Gabon hausse le ton. Dans un communiqué publié le 22 juillet, l’entreprise a annoncé avoir décidé de déposer plainte et d’engager «toutes les procédures judiciaires nécessaires» après la découverte d’un présumé réseau de contrefaçon d’huile alimentaire démantelé par les autorités gabonaises.

Cette réaction intervient au lendemain d’une vaste opération conduite notamment par la Direction générale des services spéciaux (DGSS), avec l’appui de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA). Les enquêteurs ont mis au jour une unité clandestine de reconditionnement où figuraient notamment des emballages de la marque Cuisin’Or. Les premières informations font également état de l’implication de plusieurs ressortissants asiatiques dans ce réseau présumé de fraude.

Olam veut «faire toute la lumière»

Dans son communiqué, Olam Palm Gabon précise avoir pris connaissance de la vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux montrant un important stock de produits, parmi lesquels apparaissent des emballages Cuisin’Or.

Tout en indiquant que «les locaux visibles dans la vidéo ne sont pas connus d’Olam Palm Gabon», l’entreprise estime que les faits sont suffisamment graves pour saisir la justice.

«Face à des faits susceptibles de porter atteinte à la sécurité des consommateurs et à l’image de la marque Cuisin’Or, Olam Palm Gabon a décidé de déposer plainte et d’engager toutes les procédures judiciaires nécessaires afin de faire toute la lumière sur cette affaire», affirme la direction générale.

L’entreprise dit vouloir «protéger les consommateurs, préserver l’intégrité de la marque Cuisin’Or et veiller à ce que les responsabilités soient pleinement établies», tout en assurant qu’elle apportera «son entière collaboration aux autorités compétentes».

Des emballages sécurisés pour authentifier les produits

Afin de rassurer les consommateurs, Olam Palm Gabon rappelle que son huile de palme raffinée est produite exclusivement dans sa raffinerie de Lambaréné et commercialisée dans des emballages intégrant plusieurs niveaux de sécurité.

La société explique que les quatre formats commercialisés — 900 ml, 2 litres, 5 litres et 20 litres — comportent des dispositifs d’inviolabilité, des éléments de traçabilité, des dates de production et de péremption ainsi que, pour les grands conditionnements, des bouchons et dispositifs de sécurité portant le logo Olam.

«Ces multiples dispositifs de sécurité rendent toute tentative de contrefaçon, de manipulation ou de reconditionnement frauduleux particulièrement difficile et immédiatement détectable», souligne l’entreprise.

Olam rappelle également que la marque Cuisin’Or est certifiée ISO 22000, norme internationale relative au management de la sécurité des denrées alimentaires, et qu’elle travaille régulièrement avec la DGCCRF et l’AGASA pour assurer le contrôle de son réseau de distribution.

Une affaire aux enjeux sanitaires et économiques

Selon les premiers éléments communiqués par les autorités, le réseau clandestin importait de l’huile de marque Viking en provenance d’Inde avant de la reconditionner sous différentes appellations, dont celle de Cuisin’Or. Les enquêteurs ont saisi plusieurs milliers de litres d’huile, du matériel de conditionnement ainsi que d’importants stocks prêts à être écoulés sur le marché gabonais. L’installation, qui aurait fonctionné durant plusieurs années dans des conditions d’hygiène jugées préoccupantes, alimente les craintes quant aux risques sanitaires encourus par les consommateurs.

En invitant toute personne disposant d’informations à les transmettre aux services compétents, Olam Palm Gabon entend désormais laisser la justice établir les responsabilités dans une affaire qui pourrait constituer l’un des plus importants dossiers de contrefaçon de produits alimentaires révélés ces dernières années au Gabon.

 
GR
 

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