De 11 000 à 17 000 étudiants : l’UOB engage un chantier de modernisation à 3 milliards FCFA
Fermé depuis trente ans, l’auditorium Pierre-Louis Agondjo Okawé a rouvert ses portes le 10 septembre. Mais derrière cette inauguration très médiatisée se cache un chantier bien plus vaste : 3 milliards de francs CFA investis à l’Université Omar Bongo (UOB), pensés comme le socle matériel d’une refonte de l’offre de formation et des conditions de vie étudiante, pour accompagner la mutation de l’établissement en « université de 3e génération ».

Le pôle pédagogique CTRI de l’UOB. © D.R.
Le 10 septembre 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a marqué un tournant à l’Université Omar Bongo (UOB) en inaugurant l’auditorium Pierre-Louis Agondjo Okawé, fermé depuis trente ans, et le pavillon F, avant de visiter les nouveaux chantiers en cours. Derrière ces symboles se dessine un vaste programme de modernisation chiffré à 3 milliards de francs CFA, destiné à transformer durablement le premier établissement supérieur du Gabon. Selon le recteur, le Pr Jean-Jacques Tony Ekomie, l’enveloppe se décline en quatre axes majeurs.
D’abord, 1 milliard de francs CFA consacré à la finalisation du nouveau pôle pédagogique, dit ‘’Pôle pédagogique CTRI’’ : huit salles de classe (deux blocs de quatre), chacune pouvant accueillir 100 à 120 étudiants par cours, une bibliothèque, une salle polyvalente et neuf bureaux. Ensuite, 500 millions servent à l’équipement de ce pôle (tables-bancs, tableaux, chaises) et au renouvellement de 200 tables-bancs dans les amphis et salles existants, portant le total à 500 unités. Troisième poste : 500 millions alloués aux voiries et à la réhabilitation de bâtiments, avec la réfection de 600 mètres de voies intérieures (deux voies sur cinq axes identifiés), la remise en état de la barrière d’enceinte et le ravalement de la façade du rectorat. Enfin, 1 milliard a financé la construction d’un nouvel amphithéâtre de 1 500 places, réponse directe à la saturation des espaces de cours.
Ces travaux interviennent dans un contexte de forte pression démographique : les effectifs de l’UOB sont passés d’environ 11 000 à plus de 17 000 étudiants ces dernières années, avec un nouveau flux important de bacheliers attendu cette rentrée. La modernisation ne vise donc pas seulement à « réparer » l’existant, mais à préparer l’université à une nouvelle étape de son développement, en améliorant les conditions d’étude, en renforçant les équipements et en accompagnant l’évolution des formations.
Vers une « université de 3e génération »
La vision présidentielle, inscrite dans le projet de société « Bâtir l’édifice nouveau », repose sur trois piliers : un capital humain formé à des enseignements de qualité et adaptés au marché du travail ; l’entrepreneuriat et l’employabilité des jeunes, faisant de l’UOB un bassin de compétences ; et la contribution de l’université à la diversification de l’économie gabonaise. Pour le vice-recteur, le Pr Jean-François Owaye, cela suppose de dépasser le modèle traditionnel (produire et transmettre des savoirs) pour aller vers la digitalisation, l’innovation, la recherche appliquée et la valorisation des résultats, caractéristiques des « universités de 3e génération ».
À l’UOB, le chantier de 3 milliards de francs CFA n’est donc pas qu’une série de bâtiments : c’est le socle matériel d’une refonte profonde, destinée à faire de l’université un levier de transformation économique et sociale.
















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