TRIDOM-Gabon : le plaidoyer s’organise pour faire de Massaha la première AMCEZ
Réunis à Libreville du 10 au 11 septembre, les acteurs de la conservation planchent sur la reconnaissance des Autres mesures de conservation efficaces par zone (AMCEZ) dans le segment gabonais du paysage Tri-National Dja-Odzala-Minkébé (TRIDOM). Au cœur des travaux : l’expérience de l’aire protégée communautaire (APC) de Massaha, appelée à devenir un site pilote et la première AMCEZ reconnue dans le TRIDOM-Gabon.

Le secrétaire exécutif de l’ANPN et la représentante de GIZ, le 10 septembre 2026. © GabonReview
Le Gabon veut s’améliorer dans la reconnaissance des initiatives de conservation portées en dehors des aires protégées classiques. C’est tout l’enjeu de l’atelier de validation du plaidoyer pour la reconnaissance des Autres mesures de conservation efficaces par zone (AMCEZ, ouvert ce 10 septembre à Libreville. Pendant deux jours, les participants doivent notamment confronter l’expérience de Massaha aux critères internationaux, identifier les acquis et les points à consolider, puis arrêter une feuille de route destinée à porter sa reconnaissance.
Pour le secrétaire exécutif de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), Omer Ntougou Ndoutoume, l’exercice doit être mené «sans complaisance». Il s’agit, selon lui, de déterminer «précisément ce qui est acquis, ce qui reste à consolider et ce que le cadre juridique national doit encore prévoir». Une étape d’autant plus importante que la révision du Code forestier constitue, à ses yeux, «une fenêtre qu’il ne faut pas laisser se refermer».
Le plaidoyer devra également cibler plusieurs acteurs. L’État, d’abord, pour intégrer cette catégorie dans les textes en préparation. Les partenaires techniques et financiers, ensuite, appelés à considérer les AMCEZ comme «un objet d’investissement à part entière à l’échelle du paysage». Enfin, le secteur privé, notamment forestier, qui occupe près des deux tiers du segment gabonais du TRIDOM et apparaît indispensable à la préservation de la connectivité écologique. «Que chaque action ait un nom, une échéance et un rendez-vous de suivi», a insisté Omer Ntougou Ndoutoume, pour éviter que les recommandations de l’atelier ne restent sans suite.
Une conservation au bénéfice des communautés locales

Une vue des participants et la photo de famille. © GabonReview
Partenaire du projet TRIDOM, la GIZ voit dans les AMCEZ une opportunité de renforcer une conservation davantage inclusive. Julia Metsio Sienne rappelle que le TRIDOM, partagé entre le Gabon, le Cameroun et la République du Congo, constitue l’un des ensembles forestiers les plus intacts de la planète. Pour elle, les AMCEZ permettent d’aller vers «une conservation sans exclusion des communautés locales, mais avec et par eux-mêmes, au bénéfice des communautés locales, du Gabon et du monde entier». L’objectif s’inscrit également dans la cible mondiale de conservation de 30 % des terres et des mers à l’horizon 2030.
Au nom du ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossu, le secrétaire exécutif de l’ANPN a souligné que le Gabon ne pourra atteindre cette cible en s’appuyant uniquement sur les aires protégées classiques. Le pays dispose déjà de 13 parcs nationaux couvrant 11 % du territoire, auxquels s’ajoutent des aires marines protégées, des réserves et des séries de conservation dans les concessions forestières. «L’objectif de la cible 3 du cadre mondial de la biodiversité de Montréal ne sera atteint ni par les seules aires protégées classiques ni par l’État seul», a-t-il relevé.
Les AMCEZ doivent ainsi permettre de reconnaître des efforts de conservation menés par les communautés, les collectivités et le secteur privé : forêts communautaires, zones de chasse et de pêche gérées durablement, domaines sacrés, bassins versants, sanctuaires ou encore concessions forestières certifiées. Dans cette dynamique, Massaha apparaît comme un laboratoire grandeur nature. Les travaux doivent déboucher sur une feuille de route à six mois, avec des responsables désignés et des échéances précises.
Le gouvernement souhaite un premier point d’étape avant la fin de l’année, afin de transformer l’ambition affichée en mesures concrètes et ouvrir la voie à la reconnaissance de Massaha comme première AMCEZ du TRIDOM-Gabon.
















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