HABANA

Auditionné par les sénateurs à qui il a soumis, jeudi 25 juin, son projet de réforme du Code pénal, le Premier ministre a choisi de ne pas évoquer dans son exposé des motifs le sujet qui fâche : la dépénalisation de l’homosexualité en République gabonaise. Un «oubli» qui lui a été reproché par les élus et sur lequel il a bien fini par être interrogé.

Julien Nkoghe Bekale, Premier ministre, le 25 juin 2020, au palais Omar Bongo Ondimba. © Sénat-Gabon

 

© Sénat-Gabon

Au palais Omar Bongo Ondimba, siège du Sénat, Julien Nkoghe Bekale a tenté une feinte qui n’a pas marché. En effet, alors qu’il était allé leur soumettre, ce jeudi, le projet de loi portant modification du Code pénal, le Premier ministre n’a pas évoqué dans son exposé des motifs la question qui fâche : le retrait de l’alinéa 5 de l’article 402 dudit code. Un oubli ? Un choix délibéré ? En tout cas, les sénateurs n’ont pas beaucoup apprécié cette tentative de fuir le débat. Et les élus l’ont fait savoir au chef du gouvernement dont l’excuse était que le texte qu’il avait à leur soumettre comportait d’autres sujets que celui de la dépénalisation de l’homosexualité en République gabonaise.

Seulement, les élus n’ont pas manqué de lui rappeler qu’il s’agissait du sujet qui divise l’opinion depuis quelques jours et sur lequel il convient de s’attarder plus que sur d’autres articles contenus dans le nouveau Code pénal en projet. Julien Nkoghe Bekale a donc été contraint de s’expliquer sur la disposition qu’il voudrait voir disparaître dudit code. Comme devant les députés à l’Assemblée nationale, le chef du gouvernement a donc mis en avant ses convictions religieuses, mais également sa volonté de voir les mentalités évoluer dans le pays, y compris sur le sujet de l’homosexualité.

À la suite de la présentation du Premier ministre, les sénateurs ont  dit leur incapacité d’évacuer un sujet qu’ils disent «sensible». Aussi, ont-ils congédié Julien Nkoghe Bekale en lui demandant plus de temps pour l’examen du projet.

Il convient de rappeler qu’en 2019, le vote du nouveau Code pénal avait contraint les élus à mettre en place une commission spéciale malgré la procédure d’urgence. L’on s’achemine vraisemblablement vers la composition d’une commission paritaire Sénat, Assemblée nationale pour l’examen dudit code.

 
GR
 

17 Commentaires

  1. Eternite dit :

    N’en déplaise aux aboyeurs, le SENAT vient de « valider » cette loi sur la dépénalisation.
    Maintenant que chaque Gabonais revienne aux choses sérieuses et mette son énergie à virer les Bongos du pouvoir !!!

  2. Manono dit :

    Monsieur Nkoghe Bekale vous n’avez pas des convictions religieuses, c’est faux. Convictions voudrait dire : on est convaincu. Quand on est convaincu, on ne change pas. On ne change pas parce que ce à quoi on croit est vrai, voilà.
    Vous devez vous repentir et demander pardon au peuple gabonais et à Dieu, sinon c’est l’enfer qui vous attend à bras ouvert pour être tourmenté à perpète.

  3. Manono dit :

    C’est honteux pour vous qui êtes un fang de soutenir un tel projet de loi. Le véritable fang est soudé à sa tradition, mais toi là kokoh…

  4. Abrogation ! dit :

    Ne tardez pas, Vénérables : il y a grande honte et grande inquiétude pour un pays à avoir une loi qui envoie en prison des gens qui ne font de mal à… personne.

  5. Craignons Dieu dit :

    Cette loi fait du mal aux personnes,elle fait du mal à la société.

    N’oublions pas que pénaliser un acte, a un caractère dissuasif.Si on puni les détournements des fonds c’est aussi parce qu’on veut se donner les moyens d’empêcher cette pratique.

    Dépénaliser un acte qui heurte la sensibilité est très dangereux.Les gens n’auront plus peur de s’afficher, l’acte n’étant plus puni et s’est une agression morale

    Nous condamnons la dépénalisation de l’homosexualité!

    • Bravo dit :

      Aime ton prochain comme toi-même…
      Ni l’hétérosexualité, ni l’homosexualité, ni la bisexualité ne sont des maladies contagieuses !

    • Abrogation ! dit :

      Par ailleurs, on pénalise les détournements de fonds car leurs responsables privent des personnes de bénéfices dus — c’est ce qui s’appelle faire du mal à autrui.
      Ce qui choque votre sensibilité ne regarde que vous : mes sens et ma sensibilité ne supportent pas la consommation de gibier ;je ne demande pas à envoyer les chasseurs, cuisiniers et consommateurs en prison, car je suis consciente que mes goûts ne sont pas vérité universelle. Je n’en mange et pis c’est tout !

  6. moundounga dit :

    Bjr. Morceau choisi: « le chef du gouvernement a donc mis en avant ses convictions religieuses, mais également sa volonté de voir les mentalités évoluer dans le pays, y compris sur le sujet de l’homosexualité ». A partir du moment ou l’on pourra faire la différence entre la personne physique JNB et l’institution PM on saura qui a décidé. Parce que les convictions religieuses quelques soit les épreuves, les circonstances, les peines, les malheurs ne se renient pas. Au contraire elles nous renforcent. il n’est pas trop tard pour corriger tout au nom justement des convictions Religieuses. Amen.

  7. François dibala dit :

    Nous avons des enfants qui grandisse,je ne souhaite pas que les enfants puis voir 2 hommes où 2 femmes entrain de s’embrasser,au risque que- cela puis joué avec leurs morale qui dans l’avenir pourrait les rendre gay. Le Mouiri avec vous.

  8. Patchia dit :

    Honte à vous, honte à votre Gouvernement, franchement vous êtes incompétent et vous devez simplement démissionner ou être être demi par le Présent. Vu la pandémie du Covi19, vu ses correllaires, vu la situation pauvreté latente dont les Gabonais sont victimes, c’est le seul texte que vous nous proposez pour résoudre nos problèmes. Vous faites honte

  9. Leet roder dit :

    Que celui qui na jamais péché lancé la première pierre!Tu ne jugeras point.Cest ca que la religion enseigne car l’humilité précède la gloire.Certes qui aime bien châtie bien toutefois ce n’est pas dans le châtiment qu’on aide vraiment l’autre à comprendre.Pensez vous un seul instant que la guerre mondiale n’avait que le martyr comme objectif?Cetait une justice individuelle d’où des multiples conquêtes de son interruption jusqu’à ce que le monde fut réorganise de sorte que tout le monde soit judiciable,entendu,compris et tolere.Autrefois Cetait la loi de Moïse qui régnait avec le talion comme principe »œil pour œil,dent pour dent »jusqu’à ce que Dieu fasse place au principe de l’amour en donnant son fils en sacrifice pour nos pêchers.Quel est donc cette conviction religieuse qui prône l’exclusion martyrique?Commencez par nous l’enseigner.Quel est donc cette constitution à l’instar du monde qui ne consacre la liberté d’autrui?Commencez par nous la citer.Je viens ici vous dire que nous parlons ici de choses décidées lors de grands referdums sociaux dont le plus grand est »la charte universelle des droits de l’Homme et non de choses créées à des fins personnelles.Pour ma part parlons de choses bien plus importantes tels que la question sur le chômage africain en général et gabonais en particulier n’ayant pas encore trouvé solutionnement.Merci de bien vouloir réfléchir sur la question.

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