Prévues pour se tenir sur deux jours, les audiences correctionnelles foraines spéciales ont débuté, le 10 juin, 10 juin, à la Maison d’arrêt de Libreville.  Face à la surpopulation carcérale, ce déploiement au sein du pénitencier entend permettre le traitement des dossiers judiciaires en attente. Organisée par le ministère de la Justice avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), cette initiative s’est ouverte en présence du Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, et du ministre de la Justice, Augustin Emane.

Vue des audiences correctionnelles foraines spéciales à la prison centrale de Libreville. © D.R.

 

Des audiences correctionnelles foraines spéciales ont débuté, le 10 juin, à la Maison d’arrêt de Libreville pour deux jours. Une initiative portée par le ministère de la Justice avec l’appui du PNUD qui vise à accélérer le traitement des dossiers en attente et de répondre à la problématique de la surpopulation carcérale. L’opération a été lancée en présence du Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, et du ministre de la Justice, Augustin Emane. En délocalisant temporairement le tribunal au sein même de l’établissement pénitentiaire, les autorités entendent répondre à une problématique, à savoir l’engorgement des juridictions et la durée excessive des détentions préventives.

Accélérer le cours de la justice tout en limitant les contraintes logistiques

Ces audiences concernent, dans une première phase, une quarantaine de dossiers impliquant des détenus en attente de jugement, dont une vingtaine examinée dès la première journée. Placées sous l’autorité juridictionnelle du président du Tribunal de première instance de Libreville, Jean Gaël Doumbeneny, elles permettent de statuer directement sur des affaires correctionnelles, principalement liées à des délits de droit commun. Ce dispositif procédural vise à accélérer le cours de la justice tout en limitant les contraintes logistiques liées aux transfèrements de détenus vers les juridictions classiques.

Le Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, le ministre de la Justice, Augustin Emane, et les autres officiels lors du lancement des audiences correctionnelles foraines spéciales. © D.R.

Au cœur de cette démarche se trouve la question sensible de la détention préventive prolongée. Conçue comme une mesure de sûreté, celle-ci ne doit pas se substituer à une peine avant jugement. Pourtant, la réalité carcérale gabonaise montre que de nombreux prévenus restent incarcérés pendant de longues périodes sans que leur dossier ne soit examiné. «La prison de Libreville, comme toutes les prisons du Gabon, souffre d’un mal que nous connaissons tous qui est la surpopulation carcérale», a reconnu le ministre Augustin Emane. Il a souligné que ces audiences «vont justement dans le sens de contribuer à soulager la prison». En rapprochant la justice des détenus, les autorités cherchent ainsi à garantir le droit d’être jugé dans un délai raisonnable et à préserver les principes fondamentaux de l’État de droit.

Restaurer la confiance des citoyens envers l’institution judiciaire

L’initiative s’inscrit également dans une logique de modernisation et d’humanisation de la justice. Elle bénéficie du soutien du PNUD, engagé dans l’accompagnement des réformes judiciaires au Gabon. «Nous avons accompagné le ministère pour cette session initiale […] afin que ces dossiers soient traités dans les meilleurs délais», a expliqué la représentante de l’institution onusienne, Rokya Ye-Dieng. Ces audiences traduisent une volonté politique de renforcer la gouvernance judiciaire, d’améliorer les conditions de détention et de restaurer la confiance des citoyens envers l’institution judiciaire.

Les premières décisions rendues illustrent déjà les enjeux de cette opération. Dans une affaire de vol aggravé datant de 2024, le tribunal a prononcé la relaxe du prévenu après examen contradictoire. Plus largement, ces audiences foraines entendent désengorger les prisons, fluidifier le fonctionnement de la justice et garantir les droits des détenus. En faisant entrer la justice dans l’espace carcéral, le Gabon pose ainsi les bases d’une réponse plus efficace et plus équitable aux défis persistants de son système pénitentiaire.

 
GR
 

0 commentaire

Be the first one to leave a comment.

Post a Comment