Porté notamment par la coproduction de la Gabonaise Samantha Biffot, le premier long-métrage de la cinéaste rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo a raflé deux distinctions majeures à Cannes 2026 : la Caméra d’or, prix officiel du meilleur premier film toutes sections confondues, et le Prix FIPRESCI de la critique internationale. Une soirée historique.

Sur le tapis rouge de Cannes, l’équipe de Ben’Imana, entre Gabon et Rwanda, salue un monde qui vient de les découvrir. © GabonReview (capture d’écran)

 

Il y a des nuits cannoises qui changent des carrières. Celle du 23 mai 2026 en a changé davantage : elle a changé un récit. Ben’Imana, premier long-métrage de Marie-Clémentine Dusabejambo, présenté dans la section ‘Un Certain Regard’, est reparti de la Croisette avec deux prix d’une portée exceptionnelle : la Caméra d’or et le Prix de la critique internationale de la FIPRESCI. Pour le cinéma gabonais, coproducteur de l’œuvre aux côtés du Rwanda, c’est une consécration sans précédent. Un de ces moments où un petit pays regarde le monde entier lui rendre les armes.

La Caméra d’or, le plus beau des premiers pas

Du tapis rouge au podium : Marie-Clémentine Dusabejambo reçoit la Caméra d’or des mains de Monia Chokri, sous les yeux de Samantha Biffot. Et deux instants d’une soirée que le Gabon et le Rwanda ne sont pas près d’oublier. Cannes 2026. © GabonReview

Décernée par un jury indépendant, la Caméra d’or récompense chaque année le meilleur premier film présenté à Cannes, toutes sections confondues : Sélection officielle, Semaine de la critique, Quinzaine des cinéastes. C’est, dans la hiérarchie cannoise, le prix qui sacre une naissance. Celui qui dit : ce cinéaste-là existera longtemps. Marie-Clémentine Dusabejambo le reçoit avec un film qui plonge dans les fractures du Rwanda post-génocide, les tribunaux populaires, les survivantes, les cicatrices impossibles à refermer. Un sujet vertigineux, traité avec une maturité et une sensibilité foudroyantes pour un premier long-métrage.

Le Prix FIPRESCI, décerné par des critiques venus des quatre coins du monde réunis sous l’égide de la Fédération internationale de la presse cinématographique, est venu redoubler la distinction. Ce prix-là ne se négocie pas : il traduit le consensus spontané de ceux qui voient tout, jugent tout, et n’accordent leur estime qu’à ce qui les force à se lever. Rarement un même film aura convaincu à la fois le jury officiel et la presse internationale avec une telle unanimité.

Samantha Biffot, la Gabonaise qui a tout changé

Derrière ce double sacre, une femme : Samantha Biffot. Coproductrice déléguée via Princess M Productions, elle avait contribué à bâtir une architecture de financement inédite : plus de 80 % des fonds levés par les productrices africaines elles-mêmes, rwandaise et gabonaise, sans capituler devant les schémas classiques de dépendance aux capitaux du Nord. Contrôle éditorial, direction artistique, gouvernance du projet, tout est resté en mains africaines. Ce double sacre consacre aussi cette ambition-là.

L’Institut gabonais de l’image et du son (IGIS), qui a accompagné le film depuis Libreville, a félicité chaleureusement toute l’équipe, saluant un sacre qui «hisse le cinéma gabonais au sommet à l’occasion du plus prestigieux festival du film au monde». Le Gabon entre au palmarès officiel de Cannes. La Croisette a retenu son nom… gravé, cette fois, pour de bon.

 

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GR
 

3 Commentaires

  1. Tchip dit :

    quel drôle de journalisme ? Tout sur l’exaltation patriotique, rien sur le film sacré à Cannes ? Quel en est le thème ? Gabonreview le sait-il au moins ? On nous chante l’éloge d’un film qui a « hissé le cinéma gabonais au sommet, » alors qu’il s’agit d’un film rwandais qui a bénéficié d’une coproduction franco-norvégo-ivoiro-gabono-rwandaise. Autrement dit, le Gabon a participé au soutien financier et logistique du film comme tous les coproducteurs et non pas à sa réalisation. Le film est rwandais. Il suit le cheminement d’une femme qui tente d’aider son pays à surmonter les blessures morales, psychologiques et sociales infligées par la tragédie du génocide de 1994. Que le Gabon ait contribué au succès de ce film par un appui financier et matériel, on doit s’en réjouir mais la réalisation de l’œuvre artistique et technique en elle-même est de la Rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo, sur un scénario co-ecrit avec Delphine Augut, une scénariste française connue pour avoir contribué à l’écriture du film « L’histoire de Souleymane »

    • La Rédaction dit :

      Ô grand lecteur de peu de foi.
      Ô grand critique nouvellement arrivé sur GabonReview.
      Pourriez-vous, du haut de votre art de la critique, regarder plus bas sous l’article, dans la partie « Ces articles peuvent aussi vous intéresser ». Vous y verrez que ce film n’est pas à son premier article ici et que sa trame a largement été décrite sur GabonReview. Du reste, chaque article, même celui-ci, en dit quelque chose.
      Merci de continuer à nous suivre.

  2. Le Nouveau dit :

    Bravo en tour cas pour cette collaboration
    Merci TChip de nous rappeler que l’ Art a toutes les couleurs et origines et qu’il n’ est pas de bon gout de tirer la couverture à soit.

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