Eau et électricité : 1 000 milliards plus tard, l’UDB renvoie la SEEG à ses résultats
Plus de mille milliards de FCFA mobilisés par l’État, et des Gabonais toujours plongés dans le noir : l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB) hausse le ton. Dans un communiqué «respectueux mais ferme», le parti présidentiel réaffirme son soutien au chef de l’État tout en sommant la direction de la SEEG d’un «sursaut de responsabilité». La mise en demeure ne dit pas son nom.

Malgré plus de 1 000 milliards de F.CFA mobilisés depuis 2023, les coupures d’eau et d’électricité persistent : l’UDB interpelle la SEEG. © GabonReview / Illustration IA
Le texte, daté du 20 juin, dresse un état des lieux sans complaisance. Partout sur le territoire, et singulièrement dans les grands centres urbains, ménages, administrations, établissements scolaires, structures sanitaires et opérateurs économiques subissent «des délestages répétés» et «des interruptions prolongées de la fourniture d’eau potable, d’électricité». Une situation que l’UDB refuse de tenir pour «une fatalité».
Des causes connues, une gestion en question
Le parti présidentiel énumère d’abord les facteurs structurels : «plusieurs décennies de sous-investissement» dans la production, le transport et la distribution, la «vétusté avancée de nombreux équipements stratégiques», la hausse continue de la demande et les pertes techniques sur les réseaux. Il y ajoute «des actes de vandalisme, de fraude, de mauvaise gestion et de piraterie» qui portent atteinte au patrimoine collectif de la Nation.
Mais l’UDB ne s’arrête pas aux causes héritées. Elle pointe, plus directement, «des préoccupations récurrentes relatives à la gouvernance, à la performance opérationnelle et à la nécessaire exigence de transparence dans la gestion d’un service public aussi vital». En clair, c’est la manière dont la SEEG est dirigée et administrée qui se trouve mise en cause.
L’État a payé, la SEEG doit livrer
Le communiqué rappelle l’ampleur de l’effort public consenti depuis le 30 août 2023 : une «stratégie de redressement de l’entreprise», un «Contrat d’Objectifs et de Performance» signé en mars 2024, et surtout des moyens financiers «évalués à ce jour à plus de mille milliards de FCFA». Des mécanismes de suivi et de contrôle ont par ailleurs été institués.
Or, «malgré ces efforts considérables», reconnaît le parti du président Oligui Nguema, «les résultats attendus peinent encore à être perceptibles dans le quotidien de nombreux compatriotes». D’où l’appel lancé aux dirigeants de la SEEG : engager un «sursaut de responsabilité à la hauteur des attentes du peuple gabonais». L’eau et l’électricité, rappelle l’UDB, «ne sont pas des services ordinaires», mais des services publics dont dépendent «la dignité des populations» et «le développement économique du pays».
Le parti réaffirme enfin «son soutien aux réformes engagées par le Chef de l’État en faveur d’un service public moderne, performant», tout en disant demeurer «attentif à l’évolution de cette situation».















1 Commentaire
Pure distraction.