Écotourisme communautaire : le pari gabono-japonais prend forme au parc d’Akanda
Parmi les 13 parcs nationaux que compte le Gabon, celui d’Akanda fait aujourd’hui figure de vitrine en matière de préservation de la biodiversité. Il le doit à un projet de sensibilisation et de développement de l’écotourisme communautaire durable porté par l’ONG Ecologic, en partenariat avec l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) et avec l’appui de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA).

Les randonneurs du press tour des 8 et 9 juillet derniers dans le parc d’Akanda. © GabonReview
Engagé en mars 2022 pour s’achever en février 2027, le projet de sensibilisation et de développement de l’écotourisme communautaire durable a été dévoilé à la presse les 8 et 9 juillet derniers, à l’occasion d’un press tour. Son ambition tient en une équation : armer écogardes, populations riveraines et opérateurs touristiques des savoir-faire permettant de conjuguer protection de la nature, culture locale, dignité des peuples et activité touristique, avant d’essaimer dans les 12 autres parcs du pays.

En compagnie des écogardes, quelques étapes de la randonnée. © GabonReview
«Notre soutien à l’écotourisme commence par une sensibilisation des populations locales et des agents du parc à la richesse de leur environnement naturel et de leur mode de vie», explique Imaka Sayaka, coordonnatrice de l’ONG.
Quand les communautés se font guides
Pendant deux jours, journalistes et membres du projet ont ainsi arpenté le parc d’Akanda dans les conditions réelles d’une visite touristique. Objectif de l’excursion : faire découvrir les circuits aménagés, éprouver l’accueil réservé aux visiteurs et mesurer, sur le terrain, la capacité des communautés locales à valoriser elles-mêmes leur patrimoine naturel et culturel.
Trois circuits ont vu le jour à Akanda : l’île Ndende, Mba 2 et Kendje. Sur le sentier de Mba 2, Jérôme Angoue Ndong et Michel Kanga ouvrent la marche par un rituel d’invocation des esprits. «Nous pouvons passer. Nous pouvons visiter la forêt en toute sécurité», rassurent les deux guides. Suivent deux heures de randonnée, un atelier de capture de crabes et une immersion dans l’univers des essences forestières et des mangroves, dont le rôle écologique est patiemment décrypté.
«Cela apporte des bénéfices tant spirituels qu’économiques, mais permet surtout de transmettre ce patrimoine aux générations futures», souligne Imaka Sayaka. Sur l’île Ndende, deux hangars pouvant abriter de 8 à 12 tentes, des sanitaires, une cuisine et une salle à manger prolongent l’aventure d’une nuitée, ponctuée de saveurs du terroir. À Kendje, oiseaux et coquillages énigmatiques jalonnent les rives. «Ce phénomène reste inexpliqué», glisse l’écogarde David Mouissi, entretenant le mystère. Il se trouve, en effet, que le parc national d’Akanda est connu pour abriter les plus fortes populations d’oiseaux d’eau migratrices en Afrique centrale.
Un modèle appelé à essaimer
Revenant au projet de sensibilisation et de développement de l’écotourisme communautaire durable, le Dr Guy Max Moussavou, anthropologue et membre de l’opération, explique : «à travers ce projet, nous pensons que l’activité touristique va intéresser les Gabonais, car il y a déjà des touristes étrangers qui visitent le parc. Notre ambition est que ce modèle soit repris dans les autres parcs du pays».
Guides locaux, écogardes et opérateurs ont ainsi appris à dépasser la simple restitution d’informations pour «révéler les messages et les valeurs cachés, afin d’éveiller l’émotion, la curiosité et l’émerveillement chez les touristes». À mi-parcours, Akanda dessine ainsi les contours d’un écotourisme à la gabonaise, où la forêt ne se visite plus sans ceux qui la connaissent le mieux.















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