Dans le cadre de sa tournée africaine entamée ce jeudi 20 novembre, le président français Emmanuel Macron effectuera une étape jugée symbolique au Gabon ce dimanche. «L’objectif, comme dans chacun de ses déplacements, est d’impulser des dynamiques et de valoriser le renouvellement de notre relation avec l’Afrique», explique l’Élysée.

Emmanuel Macron et Brice Clotaire Oligui Nguema, lors du 19e Sommet de la Francophonie, à Villers-Cotterêts, le 4 octobre 2024. © Ludovic Marin/AFP

 

Prévue ce dimanche 23 novembre 2025, la visite d’Emmanuel Macron à Libreville est perçue pour beaucoup comme un tournant décisif dans les rapports franco-gabonais, longtemps marqués par l’héritage colonial et les liens étroits avec la dynastie Bongo. Après les étapes de l’île Maurice et de l’Afrique du Sud, le chef de l’État français rencontrera Brice Clotaire Oligui Nguema, sept mois après sa victoire à la présidentielle d’avril dernier. Un scrutin salué par les observateurs internationaux, qui n’ont relevé «aucune irrégularité majeure». Cette rencontre vise donc à saluer «le parachèvement de la transition» et à «soutenir les (nouvelles) autorités», précise l’Élysée.

L’arrivée de Macron à Libreville intervient surtout dans un contexte de recomposition des alliances africaines de la France, après le retrait de ses forces du Sahel et une volonté affirmée de rompre avec les pratiques du passé. «L’objectif, comme dans chacun de ses déplacements, est d’impulser des dynamiques et de valoriser le renouvellement de notre relation avec l’Afrique», résume la présidence française. Dans la capitale gabonaise, cette dynamique prendra une forme politique, mais aussi avec une «forte composante économique», comme à chaque étape du périple présidentiel.

L’approche se veut résolument tournée vers l’avenir : moins militaire, plus axée sur la jeunesse, le travail mémoriel et des partenariats élargis au-delà du pré carré francophone. Le Gabon, engagé dans une refondation institutionnelle depuis le coup d’État de 2023 ayant conduit à la destitution d’Ali Bongo, apparaît comme un terrain propice à cette nouvelle orientation.

La visite de Macron au Gabon sera suivie d’une dernière étape en Angola, où se tiendra un sommet Union européenne-Union africaine consacré à la stratégie « Global Gateway », un programme européen de 150 milliards d’euros pour le financement d’infrastructures africaines.

 
GR
 

8 Commentaires

  1. Mone fame dit :

    Nguema Mwane Bizima et Cher neveu, brillamment porté à la tête du pays dans la transparence totale en rupture avec les schémas déployés par l’hexagone hier, ce que nous attendions de vous au service du peuple souverain dans le cadre des échanges inscrits au menu du séjour de Macron est à minima la mise en œuvre effective de votre exposé historique livré sans complexe dans le bureau ovale à l’occasion de votre visite de travail sur invitation de Trump aux Etats-Unis.

    Calculette en main, Le Gabon n’a aucunement tiré un avantage des rapports multiformes entretenus avec son partenaire historique. À la lumière de votre propos à la Maison Blanche, il nous revient de revoir de fond en comble le pipe-line dudit partenariat avec les « bords de la Seine ». Le Gabon ne peut plus et ne doit plus entretenir la prospérité des entreprises hexagonales au détriment de l’épanouissement réel et certain de sa population précarisée

    Vos orientations pour une transformation légitime locale de nos matières premières dont l’exploitation a permis de hisser la France parmi les nations développées, doivent d’ores et déjà se traduire par un essaimage des compatriotes sur toutes les chaînes corrélées à la mise en valeur desdites richesses, de l’exploration-recherche en passant par l’exploitation-production-transformation et la commercialisation sur les marchés de consommation, aucun volet ne doit être laissé dans l’impasse, et mieux, le Gabon doit structurer avec l’appui d’expertise de ses partenaires de l’hémisphère sud s’il en manque localement, son pipe-line pour une appropriation graduelle et programmée de tous les pans qui structurent ces processus. Il ne doit plus être question de se contenter que ce soit le management de l’entreprise partenaire qui vienne faire des propositions, lesquelles, de toutes les façons, s’attacheraient à ralentir et émousser l’ambition d’émancipation légitime promue

    Cette approche devrait également être observée face à cette option de l’hexagone de faire de notre pays un centre et base de déploiement vers les pays de la sous région d’une série de projets et programmes fédérateurs. Les projets conduits dans notre pays doivent strictement être circonscrits dans notre pays, en matière sécuritaire, environnementale….nous devons désormais intégrer que nos voisins n’ont pas forcément la même vision que nous et ils sont fondés car concernés au premier chef, à mettre un contenu différent du notre aux rapports qu’ils entendent entretenir avec « les bords de la Seine », lequel, à bien des égards, a tendance à se servir du Gabon pour faire prospérer son hégémonie.

    Nguema Mwane Bizima, « GABON D’ABORD » et Gabon éternel

    • Fiona Fiona dit :

      @Mone Fam. Quelle transparence avec les urnes bourrées, un jode électorale et une Constitution sur mesure, des candidats choisis pu disqualifiés par le cousin de la Cour Constitutionnelle ? Vous êtes un blagueur…

  2. ACTU dit :

    Il n’y a rien à attendre de cette visite.

    Le peuple est vigilant et ne cédera rien !!

  3. messowomekewo dit :

    L’hospitalité du peuple gabonais est légendaire, une marque de fabrique. Cela doit encore se vérifier avec l’arrivée sur notre sol du président français, Monsieur Emmanuel Macron.
    La France est un de nos plus anciens partenaires, notre amitié a une histoire, aussi à l’occasion de cette visite d’Emmanuel Macron , l’opportunité nous est offerte pour rebattre les cartes afin de contextualiser certains aspects de notre coopération y compris éventuellement ce qui fâche.Il n’est pas dans notre intérêt de nous agiter comme le font certains de nos frères, mais de dire à nos amis que certaines facette de coopération nous sont trop défavorables , par conséquent , il est temps de les revisiter, sans acrimonie de manière à rééquilibrer les avantages des uns et des autres.Le monde est aujourd’hui multipolaire, la France ne peut plus se permettre de garder certaines de ses positions sans se hasarder de tout perdre.
    Nous voulons par exemple que les universités françaises continuent d’accueillir nos jeunes, cependant certaines institutions ont quelque peu durci les conditions d’apprentissage par l’augmentation des frais de scolarité. De même, la suppression prochaine des APL est une mesure qui impacter la vie de nos jeunes en France; quelque soit l’essor supposé de nos universités nous avons besoin de diversifier les maquettes de formation pour assurer à notre pays un développement durable, nos amis français de par notre histoire ensemble peuvent nous y aider…
    La transformation locale de nos matières premières doit devenir une réalité dans un proche avenir; pour la manganèse, la France doit y contribuer au lieu de faire des déclarations péremptoires qui ont révulsé plus d’un parmi nous…
    Pour finir, nous avons déjà bien ouvert les yeux, La France aurait tord de nous croire toujours…aveugles.

  4. DesireNGUEMANZONG dit :

    Je suis pour le maintien de la coopération entre le Gabon et la France notamment sur le plan de la formation universitaire.

    Il faudrait que nous arrêtions les formations « low cost » vendues par les pays francophones de l’Afrique de l’Ouest pour priviléger les universités françaises de bonne réputation et assurer la sécurité de nos jeunes étudiants.es. Le domaine maritime est vital pour notre pays et son développement est une source d’emplois stables. Nous avons besoin de compétences dans les métiers tournés vers la mer::sécurité maritime, protection de la mangrove, contrôle des pêches, protection du littorale contre les pollutions, navigateur pour la plaisance et le tourisme marin, maître nageur sauveteur, etc.

    C’est pourquoi le commentaire de Monsieur Messowomekewo est très intéressant à ce titre. Pour les étudiants.es gabonais.es les coûts des formations doivent être revus à la baisse. Il faudrait un engagement ferme de retour des étudiants es au pays après leurs études.

    Il faut se féliciter de cette visite du Président français. Il ne s’agit pas de célébrer la Françafrique (France à fric). Mais plutôt de consacrer un paternariat bilatéral équilibré et fonctionnel.

    Bien à vous.

  5. C.Moi dit :

    Quel jour le Gabon va t’il se défaire de la chaine qui le lie à la France? Si la France est toujours là, c’est uniquement pour ses propres intérêts (en 1er) contrairement à ce qu’elle veut faire croire.

    • DesireNGUEMANZONG dit :

      Vous avez raison. La visite du Président français n’est pas anodine. De gros intérêts (stratégique, économique, financier notamment) sont en jeu. Il n’est plus question que le Gabon donne sa « vache » et de recevoir en retour un « plat de morue »(1).

      La politique du Président B.C. Oligui Nguema, sauf erreur de macpart, est multipartenariale. Il a été à Cuba, en Guinée Conakri, aux Etats-Unis, au Rwanda, en Côte d’Ivoire, etc.

      « Gabon d’Abord » n’est pas un concept de science fiction. Il vise dans le cadre de notre politique de relations internationales à tirer pour le Gabon des avantages comparatifs à long terme. C’est mon analyse. Observez les progrès effectués pzr le Burkina Faso en matière d’intelligence artificielle et d’infrastructure.

      Le développement est une question de mentalités. Les hommes du Faso l’ont bien compris et pourtant ils ont un partenaire peu recommandable. J’espère que vous ne vouliez pas de la Russie comme partenaire.

      En résonnance avec l’actualité judiciaire en territoire gabonais, il serait injuste d’accuser la France du pillage des fonds publics méthodiquement organisé par un gang d’anti-patriotes. Et puis la transformation locale de minerais est une décision forte de rupture avec la Franxe. La nationalisation des sociétés pétrolières démontrent aussi l’émergence d’une nouvelle
      gouvernance.

      Si le coq de Bruyère veut bien nous laisser ses oeufs, on lui donnera quelques graines pour subsister jusqu’à la fin de l’hiver prochaine.

      Cordialemenr.
      (1) Pour reprendre Aimé Césaire. La vache étant bonne à lait, à veau, à viande.

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