Enrichissement illicite et blanchiment d’argent : l’État gabonais veut passer à la vitesse supérieure
Une séance de travail a été organisé, le 8 avril, au ministère de la Justice entre le ministre Augustin Emane et le directeur général de l’Agence nationale d’investigation financière, Guennolet Boumas Ngabina. Elle s’inscrit dans une dynamique de renforcement du dispositif national de lutte contre l’enrichissement illicite et le blanchiment d’argent. Au cœur des échanges figurait la loi portant création de l’Agence nationale de gestion des avoirs illicites, considérée comme essentiel pour améliorer la traçabilité, la saisie et la gestion des fonds détournés.

Le ministre de la Justice, Augustin Emane, le directeur général de l’Agence nationale d’investigation financière, Guennolet Boumas Ngabina et leurs collaborateurs © D.R.
Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Augustin Emane, a reçu en audience, le 8 avril, le directeur général de l’Agence nationale d’investigation financière, Guennolet Boumas Ngabina. Les discussions concernaient notamment sur la loi portant création de l’Agence nationale de gestion des avoirs illicites, entrant dans le cadre de la lutte contre l’enrichissement illicite et le blanchiment.
Doter l’État d’outils plus performants pour récupérer et réaffecter les ressources détournées
Cette rencontre a permis d’examiner les mécanismes opérationnels nécessaires à la mise en œuvre des recommandations formulées par le Groupe d’action financière et le Groupe d’Action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale. À cette occasion, le directeur général de l’Anif a remis un document de référence détaillant le plan des actions prioritaires devant être mises en œuvre d’ici les prochaines évaluations, ainsi que les critères de conformité et d’efficacité, impliquant notamment la révision de certains dispositifs du Code pénal et du Code de procédure pénale.
Les discussions ont particulièrement porté sur deux textes structurants à savoir «la loi sur le recouvrement des avoirs illicites» et celle relative à «la création de l’Agence nationale de gestion des avoirs illicites». Selon Guennolet Boumas Ngabina, ces instruments «aideront véritablement à asseoir la stratégie nationale de lutte contre l’enrichissement illicite en République gabonaise». Ils visent à doter l’État d’outils plus performants pour récupérer et réaffecter les ressources détournées, dans une logique de soutien au développement économique.
Le Gabon doit impérativement renforcer son dispositif pour éviter toute inscription en zone rouge
Dans cette perspective, l’Anif a rappelé son rôle central dans la mise en œuvre du Plan national de croissance et de développement (PNCD), en initiant des enquêtes financières et en facilitant la récupération des fonds publics détournés. Toutefois, l’agence fait face à des contraintes opérationnelles, notamment liées au «peu d’entrain des sectoriels». Ce qui freine la production des données telles que les statistiques de déclarations des soupçons, les dossiers transmis au parquet ou encore les décisions judiciaires. Des éléments sont pourtant indispensables pour répondre aux exigences d’évaluation internationale et permettant d’éviter un classement défavorable.
De son côté, Augustin Emane a réaffirmé l’engagement des autorités à accélérer les réformes, conformément à la feuille de route impulsée par Brice Clotaire Oligui Nguéma. Il a annoncé la tenue prochaine d’une réunion élargie, associant les principales institutions concernées, afin de définir «un chronogramme de travail pour examiner les textes initiés par le Comité de coordination». L’enjeu est de taille d’autant plus qu’à l’approche de l’évaluation prévue en 2027, le Gabon doit impérativement renforcer son dispositif pour éviter toute inscription en zone rouge. Une inscription qui pourrait avoir des conséquences économiques potentiellement lourdes.













0 commentaire
Soyez le premier à commenter.