Entre débrouillardise et insécurité, les enfants vendeurs de Bitam sous les projecteurs
Les vacances scolaires riment souvent avec détente pour les élèves. À Bitam, dans la province du Woleu-Ntem, elles sont aussi, pour de nombreux enfants, l’occasion de s’initier au petit commerce ambulant. Avec des fruits, friandises, boissons fraîches ou autres produits de consommation courante, ils sillonnent les artères de la commune dans l’espoir d’occuper utilement leur temps libre et d’apporter un soutien financier à leurs parents, notamment pour contribuer à la préparation de leur trousseau pour la prochaine rentrée scolaire. Si cette démarche traduit un élan de solidarité familiale, elle soulève néanmoins de sérieuses préoccupations en matière de protection de l’enfance, au point d’avoir conduit les autorités sociales à intervenir.

Quelques enfants s’adonnant à la vente à la sauvette dans la ville de Bitam sensibilisés au Centre social. © Direct9
Le Centre social de Bitam, avec l’appui du Commissariat de police de la ville, a organisé, le 8 juillet, une opération de sensibilisation visant à lutter contre l’exposition des mineurs aux dangers de la rue. Sept enfants âgés de 8 à 14 ans ont ainsi été interpellés alors qu’ils pratiquaient la vente à la sauvette. L’objectif de cette initiative, rapporte Direct9, qui dévoile cette actualité, n’était pas de sanctionner les familles, mais de rappeler leur responsabilité en matière de protection des plus jeunes. «Cette intervention a permis d’interpeller sept mineurs, âgés de 8 à 14 ans, qui vendaient divers produits dans les rues de la commune. Au-delà de cette action, l’objectif était avant tout de sensibiliser les familles sur les risques auxquels ces enfants sont quotidiennement exposés», ont indiqué les responsables de l’opération.
Les spécialistes de la protection de l’enfance soulignent, en effet, que les enfants livrés à eux-mêmes dans les espaces publics sont confrontés à de multiples dangers. Les longues heures passées au bord des routes les exposent aux accidents de circulation, tandis que leur vulnérabilité peut favoriser les enlèvements, les agressions physiques ou sexuelles, les violences, l’exploitation économique, voire les réseaux de traite des enfants. À cela s’ajoutent les risques liés aux mauvaises fréquentations, à la consommation de substances illicites ou encore à la déscolarisation progressive lorsque l’activité commerciale prend le pas sur les apprentissages. «Chaque enfant qui passe ses journées dans la rue est une cible potentielle. Enlèvements, agressions sexuelles, violences physiques, accidents de circulation ou encore exploitation économique sont autant de menaces qui pèsent sur ces jeunes, privés de la protection dont ils ont besoin», rappelle-t-on du côté du Centre social.
Si cette structure s’investit dans de tels dossiers, c’est parce qu’elle est chargée d’assurer la prévention des situations de vulnérabilité, d’accompagner les familles et de veiller au respect des droits fondamentaux des enfants. Son rôle consiste autant à sensibiliser qu’à orienter les parents vers des solutions permettant d’éviter que les mineurs ne soient exposés à des activités susceptibles de compromettre leur développement physique, psychologique et moral. Pour les autorités sociales, les vacances doivent demeurer «un moment de sécurité, d’éducation et de vie familiale», où les enfants peuvent grandir dans un environnement protecteur. «Aucune activité commerciale ne saurait justifier qu’un enfant soit exposé aux dangers de la rue. Protéger un enfant aujourd’hui, c’est préserver son avenir et construire une société plus sûre et plus responsable pour demain», insistent-elles.















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