Épaves sur l’Ogooué : l’État menace d’agir si les propriétaires ne bougent pas
Une drague suceuse et un remorqueur, deux épaves qui bloquent le fleuve depuis trop longtemps : dix jours pour les enlever, sinon l’État s’en chargera lui-même. La Direction provinciale des Affaires maritimes et fluviales du Moyen-Ogooué a récemment mis en demeure les propriétaires de deux navires abandonnés sur le fleuve Ogooué de procéder à leur enlèvement sous dix jours, faute de quoi l’administration interviendra elle-même.

À travers cet ultimatum, les autorités entendent donc rétablir la sécurité sur la voie fluviale, libérer le domaine public maritime et limiter les risques environnementaux. © D.R.
Dans un communiqué cité par l’Agence gabonaise de presse (AGP), la Direction provinciale, dirigée par le commandant Valérie Gnomba, a sommé les propriétaires de procéder à l’enlèvement de leurs navires dans un délai de dix jours. La mesure répond à la nécessité de sécuriser la navigation et de prévenir les risques de pollution d’un cours d’eau essentiel aux déplacements et aux activités de pêche des populations.
« Faisant suite au communiqué n°13629 de la Direction générale des Affaires maritimes », la Direction provinciale rappelle que ces bâtiments, à l’état d’abandon, constituent « des obstacles à la navigation et représentent des menaces pour l’environnement ».
Deux embarcations sont particulièrement ciblées. Il s’agit d’une drague suceuse stationnée dans la zone du quartier Saint-François et un remorqueur situé au niveau du débarcadère d’Isaac. Selon l’administration maritime, ces deux bâtiments occupent « indûment le Domaine public maritime et fluvial » et présentent un danger à la fois pour les usagers de la voie navigable et pour l’écosystème.
Un cadre juridique international et national
Cette opération d’assainissement ne constitue toutefois pas une action ponctuelle. Elle s’inscrit dans un processus engagé depuis 2019 et s’appuie notamment sur la Convention de Nairobi de 2007 relative à l’enlèvement des épaves, le Règlement n°08 UDEAC-088-CM-23 du 22 juillet 2012 portant Code de la marine marchande, notamment son article 282, ainsi que la loi n°10/63, en son article 37.
Au terme des dix jours suivant la publication du communiqué, l’administration entend pouvoir intervenir directement si les intéressés n’ont pas exécuté la mesure. « Au-delà du délai requis, l’Administration maritime se réserve le droit d’agir en prenant les mesures nécessaires à l’enlèvement des navires susmentionnés, considérés comme épaves », prévient-on. À travers cet ultimatum, les autorités entendent donc rétablir la sécurité sur la voie fluviale, libérer le domaine public maritime et limiter les risques environnementaux liés à la dégradation de ces bâtiments abandonnés.
















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