Ensemble Pour le Gabon (EPG) annonce son retrait des élections législatives et locales, dénonçant des «dérives inquiétantes», une «trahison des promesses de démocratie» et un système électoral «biaisé» qui, selon lui, compromet gravement la légitimité des institutions.

Pour Bilie-By-Nze, le retrait d’EPG des scrutins de septembre 2025 n’est que la conséquence logique du référendum en trompe-l’œil de novembre 2024, qui a verrouillé le jeu politique au lieu de l’ouvrir. © Facebook/EnsemblePourGabon

 

À chaque étape de la transition et même de la post-transition, l’espérance d’un véritable tournant démocratique a semblé reculer un peu plus. Là où l’on attendait une respiration politique, beaucoup n’ont vu qu’un rétrécissement des libertés. Là où l’on promettait une refondation institutionnelle, se sont multipliées les règles contestées et les procédures opaques. C’est dans ce climat de désillusion et de méfiance que s’inscrit aujourd’hui le geste d’EPG : un parti qui choisit de claquer la porte plutôt que d’accompagner, selon ses mots, une «mascarade électorale». Le parti politique porté par l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze a diffusé, le 2 juin dans la soirée, un communiqué l’annonçant.

Une rupture motivée par la dérive institutionnelle

À l’heure où le Gabon espérait refermer la parenthèse ouverte par le coup d’État du 30 août 2023, les élections censées consacrer un retour à la normalité démocratique apparaissent de plus en plus comme un mirage. L’attente d’un renouveau, née de l’éviction du régime Bongo, a laissé place à la méfiance, à la contestation et à un sentiment de répétition des vieilles pratiques électorales. Dans ce contexte saturé de soupçons et de tensions, la décision d’EPG résonne moins comme une surprise que comme l’aboutissement logique d’un désaveu annoncé.

Dès l’ouverture de son communiqué, EPG fixe la ligne : «Ensemble Pour le Gabon se retire d’un processus électoral biaisé.» Le parti rappelle qu’au lendemain du coup d’État, «les promesses de transparence et de démocratie n’ont cessé d’être trahies». Il dénonce un pouvoir qui, loin de desserrer l’étau, l’a resserré davantage : «Le référendum du 16 novembre 2024 n’a servi qu’à concentrer les pouvoirs entre les mains d’un seul

Le texte souligne également que «lorsque la loi électorale a été discutée, EPG s’est opposé à la création de structures partisanes (CNOCER, ACER) et à l’exclusion du Centre Gabonais des Élections», qualifiant cette orientation de «dérive inquiétante». Mais «nos avertissements sont restés lettre morte», regrette le parti de Bilie-By-Nze, qui dit avoir vu ses mises en garde ignorées.

Des scrutins entachés et une décision de retrait ferme

Concernant les scrutins de 2025, le communiqué note que «l’élection présidentielle du 12 avril a révélé les mêmes dérives» et que les législatives du 27 septembre «n’ont fait que confirmer ces inquiétudes». Le refus du Chef de l’État d’entendre l’appel au report du 18 septembre illustre, selon EPG, un «mutisme de l’exécutif» à l’origine des violences post-électorales.

En conséquence, «fidèle à ses convictions et pour marquer sa cohérence politique, Ensemble Pour le Gabon décide solennellement le retrait de son candidat Davy Kevin Engama, admis au second tour à Makokou, ainsi que de ses élus locaux de toute participation à la répartition des sièges des conseils locaux». Mais aussi de «Franck Jocktane, dont l’élection à Rennes est à reprendre, ainsi que de ses élus locaux de toute participation à la répartition des sièges des conseils locaux», pointant notamment les failles du vote de la diaspora.

En tous cas, le communiqué de ce parti politique scelle son choix par une déclaration sans équivoque : «Ensemble Pour le Gabon ne cautionnera jamais un processus électoral biaisé, contraire aux principes démocratiques et aux aspirations légitimes du peuple gabonais

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Kass dit :

    C’est officiel ACBBN est opposant! Je ne suis que rarement d’accord avec ses prises de parole parce qu’il a été le chien de garde de l’ancien régime mais ici il faut admirer son courage et celui de ses partisans.

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