Le 27 mai à Paris, les actionnaires d’Eramet ont ratifié l’arrivée de Murielle Minkoué Mézui au conseil d’administration. En confiant ce siège à la Secrétaire générale de la Présidence elle-même, Libreville hisse au plus haut niveau sa représentation chez le géant du manganèse, à l’heure où il prépare son entrée au capital du groupe.

Ministre ministre de la Réforme des institutions dans le gouvernement de transition, la Secrétaire générale de la présidence gabonaise, Murielle Minkoué Mézui, siège désormais au conseil d’administration d’Eramet. © GabonReview / Illustration IA

 

La décision est désormais actée. Réunis en assemblée générale ordinaire à Paris, les actionnaires d’Eramet ont entériné la cooptation de Murielle Minkoué Mézui au conseil d’administration du géant minier français. La Secrétaire générale de la présidence de la République prend place dans l’organe qui fixe la stratégie globale d’un groupe dont le manganèse gabonais constitue l’un des principaux gisements de valeur.

Le siège n’est pas inédit : la haute responsable succède à Tanguy Gahouma-Békalé, démissionnaire. Mais sa nomination marque une montée en gamme politique manifeste. En plaçant la Secrétaire générale de la Présidence elle-même au conseil, Libreville rehausse le rang de sa représentation au sommet d’Eramet, au moment précis où il avance ses pions sur le capital du groupe.

Une cooptation entérinée par les actionnaires

Décidée par le conseil d’administration le 19 mars 2026, la cooptation de Murielle Minkoué Mézui a été soumise au vote de l’assemblée du 27 mai. Les actionnaires l’ont ratifiée, validant sa prise de fonction effective à cette date, en remplacement de Tanguy Gahouma-Békalé.

Conformément aux règles de gouvernance, la nouvelle administratrice exercera son mandat pour la durée restant à courir de celui de son prédécesseur, soit jusqu’à l’assemblée appelée à statuer sur les comptes de l’exercice 2028. Son arrivée porte à dix-huit le nombre de membres du conseil, désormais composé de huit femmes et de sept administrateurs indépendants.

Une représentation rehaussée, sur fond d’entrée au capital

La séquence s’inscrit dans un calendrier cohérent. Le 11 mai 2026, en marge du sommet Africa Forward à Nairobi, le président Brice Clotaire Oligui Nguema et la présidente-directrice générale d’Eramet, Christel Bories, ont scellé un accord ouvrant la voie à une entrée de l’État gabonais au capital du groupe, à hauteur d’environ 5 %. Cette participation passerait par l’augmentation de capital de 500 millions d’euros (environ 328 milliards de FCFA) approuvée le 27 mai et prévue au second semestre 2026.

L’opération n’est toutefois pas encore dénouée. Tant que les actions nouvelles ne sont pas souscrites, l’État gabonais reste actionnaire à 29 % de Comilog, la filiale gabonaise, mais non d’Eramet SA, la maison-mère cotée à Paris. La distinction n’est pas mineure : elle détermine la nature exacte du levier dont disposera Libreville au conseil.

Influence réelle ou siège d’attente ?

Reste la question de fond : que pèsera cette voix gabonaise ? Une participation visée proche de 5 % ne conférerait aucun pouvoir de blocage dans une structure où l’État français et la famille Duval demeurent les piliers. La portée du siège dépendra moins du pourcentage détenu que de la capacité de Libreville à nouer des alliances et à transformer sa présence en influence sur les arbitrages d’investissement.

L’enjeu est connu : la transformation locale du manganèse, la modernisation du Transgabonais, et l’objectif d’interdire l’exportation de minerai brut à l’horizon 2029. Le choix d’une responsable de tout premier rang traduit une volonté de pilotage au plus haut niveau. Encore faudra-t-il que ce signal politique se double, une fois l’entrée au capital effective, d’engagements chiffrés sur le terrain industriel.

 

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1 Commentaire

  1. natty dread dit :

    « Son arrivée porte à dix-huit le nombre de membres du conseil, désormais composé de huit femmes et de sept administrateurs indépendants. » sauf que 8+7 = 15…où sont passés les 3 autres larrons?…

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