Le Gabon se classe 119e sur 143 pays dans l’indice de l’État de droit 2026 publié par le World Justice Project (WJP), avec un score global de 0,40. Il figure toutefois parmi la minorité de pays ayant progressé : «Le score global du Gabon en matière d’État de droit a augmenté de moins de 1% dans l’indice de cette année», note, en substance, le rapport. Cette amélioration reste toutefois limitée, le pays occupant la 23e place sur 34 en Afrique subsaharienne et la 42e sur 44 parmi les pays à revenu intermédiaire supérieur. 

Les avancées enregistrées par le Gabon constituent des signaux encourageants qui ne devraient pas effacer les défis liés aux libertés publiques et à l’équilibre institutionnel (Illustration IA). © GabonReview

 

Avec un score global de 0,40 sur 1 et le 119e rang sur 143 pays dans l’Indice de l’État de droit 2026 du World Justice Project (WJP), publié le 21 octobre à Washington, le Gabon enregistre une progression inférieure à 1 % par rapport à l’édition précédente. Une évolution positive, mais insuffisante pour modifier sensiblement sa position internationale. L’indice, référence mondiale indépendante, évalue le respect des lois, les contre-pouvoirs, les droits fondamentaux et le fonctionnement de la justice à partir de plus de 215 000 enquêtes auprès des ménages et de 3 400 consultations de praticiens et d’experts. Son objectif est de mesurer la manière dont l’État de droit est vécu et perçu dans 143 pays et juridictions couvrant 95 % de la population mondiale.

Le défi reste donc de convertir ces progrès sectoriels en avancées

À l’échelle régionale, le Gabon demeure derrière le Rwanda, meilleur pays d’Afrique subsaharienne (40e mondial), suivi de la Namibie et de Maurice, tandis que le Cameroun, la République démocratique du Congo (RDC) et le Soudan ferment la marche. Au niveau mondial, le Danemark conserve la première place, devant la Norvège, la Finlande, la Suède et le Luxembourg ; le Venezuela, l’Afghanistan, Haïti, le Cambodge et le Nicaragua occupent les dernières positions. 

Le WJP souligne néanmoins une lueur positive pour Libreville. «L’accès à la justice civile et son caractère abordable» se sont améliorés dans 54% des pays, dont le Gabon, tout comme «l’absence de discrimination dans la justice civile». Le défi reste donc de convertir ces progrès sectoriels en avancées en matière de libertés fondamentales, de transparence et de limitation du pouvoir exécutif.

Des signaux encourageants, sans effacer les défis liés aux libertés publiques…

Le classement s’inscrit dans un contexte mondial préoccupant. «Le recul mondial de l’État de droit persiste», note le WJP, qui relève que les reculs concernent 62% des pays, contre une proportion moindre d’améliorations. Le Gabon n’échappe pas, lui, à certaines dynamiques autoritaires. «Plus de 86% des pays ont connu un recul soutenu, sur cinq ans, d’au moins un des garde-fous contre le régime autoritaire», indique le document qui relève «les limites imposées aux pouvoirs du gouvernement, la transparence gouvernementale ou les droits fondamentaux. Le Gabon en fait partie».

 La liberté d’opinion et d’expression, la liberté de réunion et d’association ainsi que la participation civique ont reculé dans le pays, à l’image d’une tendance observée respectivement dans 64%, 67% et 65% des pays étudiés. Toutefois, le Gabon a progressé en matière d’accès à la justice civile, de coût des procédures et d’absence de discrimination.  Et ces avancées constituent des signaux encourageants, sans effacer les défis liés aux libertés publiques et à l’équilibre institutionnel.

 
GR
 

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