Le projet de fer de Baniaka avance d’un cran sur l’un de ses maillons les plus sensibles : l’évacuation du minerai. REMINAC SA et OMP ont signé, le 7 août à Libreville, un avenant à leur contrat logistique de 2023. Derrière cet acte contractuel peu spectaculaire se joue pourtant une question déterminante pour la future mine : comment acheminer, dans de bonnes conditions et aux volumes attendus, le minerai extrait dans le Haut-Ogooué jusqu’au terminal d’Owendo ?

Le Directeur Général Genmin et celui de OMP lors de la signature de l’avenant. © D.R.

 

À Baniaka, préparer la production ne consiste pas seulement à rendre la mine opérationnelle. Encore faut-il pouvoir sortir le minerai, le transporter sur plusieurs centaines de kilomètres et l’amener jusqu’à son point d’exportation. C’est précisément sur cette chaîne que REMINAC SA, la filiale gabonaise de l’australien Genmin qui porte le projet, et OMP (Owendo Mineral Port) le terminal minéralier du port d’Owendo, viennent de resserrer leur partenariat.

Le PDG de Genmin (en veston au centre) aux côtés des équipes de directions de Reminac et OMP. © D.R.

Les deux entreprises ont annoncé, le 7 août, la signature d’un avenant au contrat de prestations de services logistiques conclu en 2023. Le dispositif initial confie à OMP la prise en charge de l’ensemble de la chaîne nécessaire à l’évacuation du minerai de fer, depuis Baniaka jusqu’au terminal d’Owendo.

L’avenant doit désormais permettre d’adapter ce cadre contractuel aux prochaines étapes du développement du projet et à la préparation des infrastructures et opérations nécessaires à la future production.

Le défi ne s’arrête pas à la mine

Pour Baniaka, la logistique constitue en effet une pièce maîtresse de l’équation économique. Une mine de fer ne vaut commercialement que par sa capacité à acheminer régulièrement et à coût maîtrisé des volumes importants vers les infrastructures d’exportation. Entre le gisement et Owendo, il faut donc disposer d’une chaîne suffisamment robuste pour absorber les flux envisagés sans transformer le transport en goulet d’étranglement.

C’est tout l’enjeu du partenariat avec OMP. REMINAC indique que les deux parties travaillent à la mise en place d’une chaîne «fiable, performante et adaptée aux volumes de production attendus». Le communiqué ne précise toutefois ni les nouvelles dispositions introduites par l’avenant, ni les engagements financiers correspondants, ni le calendrier détaillé de déploiement du dispositif logistique.

«La signature de cet avenant avec OMP constitue une étape importante dans la préparation opérationnelle de Baniaka. Elle confirme notre détermination à avancer avec nos partenaires pour sécuriser la chaîne logistique et créer les conditions nécessaires au démarrage de la production», explique Andrew Taplin, directeur général du groupe Gemmin.

Baniaka se rapproche du concret

Longtemps dominé par le manganèse, le secteur minier gabonais cherche à élargir sa base productive, et le fer de Baniaka apparaît comme l’un des principaux relais possibles de diversification. Sa mise en exploitation ajouterait une nouvelle filière au paysage extractif national, avec des retombées attendues en emplois et en activités connexes, à condition que le gisement reste compétitif et que les infrastructures suivent.

C’est cette dernière condition qui donne à l’avenant signé avec OMP toute sa portée : faire parvenir le fer de la mine au port. Avec cet accord, REMINAC franchit une étape décisive vers la concrétisation du projet, rapprochant Baniaka du moment où les premiers tonnages commerciaux pourront enfin quitter le Haut-Ogooué.

 

 
GR
 

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