Fête de la Libération : à Makokou, Oligui prévient que «chacun doit désormais répondre de ses actes»
Trois ans après le 30 août 2023, l’heure n’est plus seulement aux promesses de rupture. Depuis Makokou, à la veille de la Fête de la Libération, Brice Clotaire Oligui Nguema a placé la responsabilité au cœur de son discours : syndicats, fonctionnaires, personnels de santé, entrepreneurs, mais aussi ministres, magistrats, avocats et militaires sont renvoyés à leurs obligations. Entre 55 milliards de FCFA annoncés pour la santé, 62 % de dossiers jugés irréguliers dans l’audit en cours de la Fonction publique et avertissements contre les corporatismes, le président prévient : «chacun doit désormais répondre de ses actes».

À Makokou, Oligui Nguema résume en une formule le chemin qu’il entend tracer pour la suite : «Le 30 août 2023 a forgé notre patriotisme et a fait de nous un peuple libre ; notre discipline fera de nous un grand peuple.» © Communication présidentielle
À quelques heures du troisième anniversaire du 30 août 2023, Brice Clotaire Oligui Nguema a donné le ton depuis Makokou. Dans son discours en prélude à la Fête de la Libération, le président de la République a moins célébré le passé qu’énoncé une série d’exigences pour l’État, les syndicats, les agents publics, les professions constituées et les bénéficiaires de l’aide publique. Avec une formule qui résume l’esprit du propos : «Le 30 août nous a rendu la liberté de choisir ; il nous impose désormais le devoir de réussir.»
Le choix de Makokou n’est d’ailleurs pas présenté comme anodin. Oligui Nguema rappelle que c’est dans cette ville, puis à Ovan, que des femmes avaient manifesté avant le 30 août 2023 contre «la précarité économique et le sentiment d’abandon politique de la province». Il y voit les «premières manifestations» du vent qui allait conduire à la Libération. Trois ans après, le chef de l’État oppose à cet abandon les infrastructures inaugurées ou engagées dans l’Ogooué-Ivindo et assure vouloir «ne jamais abandonner cette province».
Des libertés, mais pas la paralysie
Trois ans après le «Coup de la Libération», Oligui Nguema estime que son esprit doit désormais se traduire dans le fonctionnement quotidien de l’État. «La transformation de notre pays ne se fera ni par des déclarations, ni par la seule volonté d’un homme», affirme-t-il.
Le passage consacré au climat social est particulièrement ferme. Le chef de l’État assure que «le droit de grève et la liberté syndicale seront respectés», tout en fixant une limite : «Le dialogue ne peut devenir le prétexte à la paralysie du pays, pas plus que l’autorité ne peut servir de prétexte au refus d’entendre.»
Plus tranchant encore, il s’attaque aux protections corporatistes. Ministre, magistrat, avocat, haut responsable civil ou militaire, médecin, sage-femme, agent public ou opérateur économique : «chacun doit désormais répondre de ses actes». Et d’asséner : «Le corporatisme ne doit pas prendre le pas sur la responsabilité.»
55 milliards pour la santé, 62 % de dossiers irréguliers
Oligui Nguema annonce par ailleurs un effort financier conséquent pour la santé : 44 milliards de FCFA pour renforcer le plateau technique national, 6 milliards pour la réouverture des restaurants dans les structures hospitalières et 5 milliards supplémentaires destinés aux prestations de la CNAMGS.
Mais là encore, l’argent vient avec une contrepartie : «Aussi, en retour, j’attends de vous une meilleure qualité de service.» Le président exige également que «chaque franc généré par un établissement de santé» soit retracé et employé avec rigueur.
Autre chiffre choc : selon lui, l’audit récemment lancé dans la Fonction publique révèle que «près de 62 % des dossiers examinés sont en situation irrégulière». Abandons de poste et dysfonctionnements justifient, selon le chef de l’État, une réforme du statut des agents publics. Avancements et reclassements devront désormais reposer sur des critères objectifs. «Le mérite doit être notre boussole, et l’équité notre règle.»
Même avertissement aux bénéficiaires de l’aide publique qui n’honorent pas leurs engagements. Évoquant les dispositifs destinés à soutenir l’entrepreneuriat des jeunes, Oligui Nguema prévient que les mécanismes de suivi et de contrôle seront renforcés et que «les manquements [seront] sanctionnés».
Depuis Makokou, le message est donc moins celui d’une commémoration tranquille que celui d’un 30 août appelé à entrer dans une phase de reddition des comptes. Le président définit lui-même cette date comme «un jour de mémoire qui nous rappelle d’où nous venons», mais aussi «un jour d’espérance qui nous dit où nous voulons aller».
Après les promesses de rupture, vient désormais l’exigence des résultats. Et Oligui Nguema laisse pour cela une dernière formule : «Le 30 août 2023 a forgé notre patriotisme et a fait de nous un peuple libre ; notre discipline fera de nous un grand peuple.»
















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