À Port-Gentil, la célébration de la Fête des Mères a revêtu cette année une signification singulière. À l’initiative de la mairie de la capitale économique, plusieurs dizaines de jeunes filles-mères issues des différents arrondissements de la ville ont été honorées lors d’une journée placée sous le triple signe de la solidarité, de l’espoir et de l’autonomisation féminine.

La marraine de l’événement, Grâce Houangni Ambouroue, lors de la remise des kits de solidarité. © GabonReview

 

Marraine de l’événement, Grâce Houangni Ambouroue, épouse de l’édile de la cité sablonneuse, a présidé une rencontre organisée en prélude à la Fête des Mères, avec pour ambition de redonner confiance à des jeunes femmes confrontées aux réalités parfois âpres de la maternité précoce. S’inscrivant dans le sillage de la Première Dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, dont l’engagement en faveur de la promotion de la femme et de la jeune fille gabonaise est notoire, la marraine a pris la parole avec une conviction empreinte d’émotion.

Deux moments de l’évènement. © GabonReview

«Mon souhait est de vous voir devenir des femmes autonomes et indépendantes. Vous êtes les futures responsables, les futures entrepreneures et les futures cadres de notre pays», a-t-elle déclaré. Revenant sur des visites effectuées quelques semaines auparavant dans plusieurs quartiers de Port-Gentil, elle a confié avoir été profondément marquée par ce qu’elle y avait observé. «Les réalités sociales auxquelles vous faites face ne m’ont pas laissée insensible. Elles ont renforcé ma volonté de faire de cette célébration un véritable moment de solidarité et de partage», a-t-elle souligné, avant de marteler : «Être une jeune fille-mère n’est ni une finalité ni une fatalité. Vous avez le droit de rêver, d’avoir de l’ambition et de construire votre avenir.»

Des voix médicales pour briser les fatalités

La secrétaire générale de la province de l’Ogooué-Maritime, Ida Clémentine Ampieme Olouna-Bengome, a exhorté les participantes à cultiver l’entraide et la cohésion sociale, non sans rappeler les conséquences structurelles des grossesses précoces : «Souvent contraintes d’interrompre leurs études, elles se retrouvent à assumer seules la charge de l’enfant tandis que le jeune garçon poursuit son parcours.» Elle a néanmoins invité les jeunes mères à valoriser leurs talents (cuisiner, tresser, coudre, vendre), autant de compétences susceptibles de nourrir des familles et de se muer en véritables leviers économiques.

La cérémonie a aussi accueilli des professionnelles de santé du Centre hospitalier régional. La sage-femme Jude Nadia a encouragé les bénéficiaires à poursuivre leurs études ou formations, insistant sur la planification familiale comme condition sine qua non de leur émancipation. Sa collègue Avome Gertrude Funel a, pour sa part, alerté sur les dangers des lavements aux ocytocines naturelles, pratique encore répandue dans certaines communautés : «Ces méthodes peuvent provoquer une souffrance fœtale et entraîner de graves complications chez le nouveau-né», a-t-elle averti.

Au-delà du rituel festif, cette journée aura surtout constitué un espace d’écoute et de reconnaissance — la démonstration qu’avec un accompagnement adapté, les épreuves de la maternité précoce peuvent se transformer en point de départ d’une reconstruction.

 
GR
 

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