Après le Sénat et l’Assemblée nationale, le premier président de la Cour des comptes, Pamphile Moussavou Ibouanga, a transmis jeudi au vice-président du gouvernement deux rapports portant sur l’exécution des lois de finances et la certification des comptes de l’État pour 2025. Les observations mettent notamment en évidence la persistance du déficit budgétaire, la progression de la dette et des recettes publiques insuffisamment recouvrées.

Le premier président de la Cour des comptes, Pamphile Moussavou Ibouanga, lors de son passage au Sénat. © Com. Sénat

 

La situation des finances publiques gabonaises reste marquée par plusieurs déséquilibres. À l’occasion d’une audience avec Hermann Immongault, le premier président de la Cour des comptes, Pamphile Moussavou Ibouanga, a remis les rapports relatifs à l’exécution des lois de finances et à la certification des comptes de l’État au titre de l’exercice 2025.

La juridiction financière a d’abord relevé des retards récurrents dans la transmission des documents budgétaires. Ceux-ci auraient normalement dû lui parvenir au plus tard le 30 juin suivant la clôture de l’exercice concerné.

Sur le fond, cinq observations majeures ressortent du contrôle. Il s’agit de la persistance du déficit budgétaire, de l’augmentation du stock de la dette publique, du faible taux de recouvrement des recettes au regard des indicateurs de la Cemac, des arriérés de dette intérieure et extérieure et du niveau de la masse salariale, jugé supérieur aux seuils de référence.

Une vigilance accrue avant le programme avec le FMI

Ces constats interviennent dans un contexte où les autorités préparent un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). La transparence budgétaire et la maîtrise des dépenses publiques apparaissent ainsi comme des enjeux déterminants.

Recevant les documents, Hermann Immongault a assuré que le gouvernement examinerait les recommandations de la Cour des comptes avant leur transmission au chef de l’État.

Au-delà de cette remise officielle, les observations formulées interrogent la capacité de l’exécutif à améliorer durablement la mobilisation des recettes, contenir les dépenses et apurer les engagements en souffrance. L’enjeu est désormais de traduire les recommandations du contrôle juridictionnel en mesures correctives.

 
GR
 

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