FONED : le pari du Gabon pour gagner la bataille de la souveraineté financière
Le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, a ouvert ce mercredi 2 septembre 2026 à Libreville la première édition du Forum national de l’épargne pour le développement (FONED). Pendant deux jours, pouvoirs publics, banques, assurances, investisseurs, secteur privé, experts et diaspora vont plancher sur un enjeu important : mieux mobiliser l’épargne nationale pour financer durablement le développement du Gabon.

Le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, ouvrant les travaux du FONED, le 2 septembre 2026. © GabonReview
Le Gabon veut désormais faire de son épargne un véritable levier de transformation économique. C’est tout l’enjeu de la première édition du Forum national de l’Épargne pour le Développement (FONED), ouverte ce mercredi 2 septembre par le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier. Placée sous le thème «Épargne et souveraineté financière : la Caisse des Dépôts, instrument du financement endogène du PNCD 2026-2030», la rencontre entend rapprocher l’épargne disponible des besoins de financement de l’économie.
Pour Marius Issa Nkori, administrateur directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), l’enjeu dépasse largement la simple capacité à épargner. «Notre défi n’est donc pas seulement de créer davantage d’épargne. Il est de mieux la mobiliser, mieux la sécuriser, l’inscrire dans le temps long et surtout mieux la transformer en investissement productif», a-t-il expliqué. Autrement dit, il s’agit de construire un véritable pont entre les ressources financières disponibles et les secteurs prioritaires du développement national.
Dans cette architecture, la CDC entend jouer le rôle de tiers de confiance et d’investisseur public de long terme. Sa mission consiste notamment à sécuriser les ressources qui lui sont confiées et à contribuer à leur transformation en financements durables. Mais l’institution ne prétend pas agir seule. «La CDC ne se substitue ni aux banques, ni aux assurances, ni aux investisseurs. Elle agit avec eux, crée des complémentarités et contribue à faire émerger des solutions adaptées aux priorités du développement national », a précisé Marius Issa Nkori.
Faire du FONED un forum de solutions

L’ADG de la CDC, Marius Issa Nkori et une vue des participants. © GabonReview
Le vice-président de la République veut, lui, faire du FONED un forum de solutions, et non un simple espace de débats. «J’attends de ces deux journées des propositions concrètes», a déclaré Alexandre Barro Chambrier, citant notamment les mécanismes de mobilisation de l’épargne nationale, la participation de la diaspora, le financement du logement, des infrastructures, de l’agriculture et de l’énergie. Il insiste également sur la nécessité d’améliorer la gouvernance et la coordination entre les différents acteurs.
Car la CDC ne pourra porter seule cette ambition. «La réussite dépendra de la capacité de l’ensemble de notre écosystème financier à agir de façon complémentaire : l’État, les banques, les assurances, les fonds d’investissement, le marché financier, les institutions de garantie, les partenaires au développement et les investisseurs privés», a souligné le vice-président de la République.
Autre levier identifié : la diaspora gabonaise. Alexandre Barro Chambrier souhaite que les compatriotes établis à l’étranger puissent disposer d’instruments fiables pour investir davantage dans leur pays. «Notre responsabilité est désormais de lui offrir, pour ceux qui le souhaitent, des instruments crédibles, transparents et sécurisés lui permettant de participer davantage à l’investissement national», a-t-il indiqué.
Orienter l’épargne vers un financement à long terme
Une approche également défendue par la CDC Bénin. Représentant la présidente en exercice du Forum des Caisses de Dépôt, sa directrice générale, Maryse Lokossou, a posé la question centrale : «Comment transformer davantage nos propres ressources en investissements capables de financer durablement notre développement ?» Pour elle, le défi africain n’est plus seulement celui de la disponibilité des capitaux. L’Afrique dispose déjà d’une épargne domestique importante, de fonds de pension, de ressources assurantielles, de capitaux institutionnels et de transferts de la diaspora. Le véritable défi consiste désormais à les orienter vers le financement de long terme.
Le gouvernement entend surtout éviter que les conclusions du FONED restent lettre morte. «Je souhaite notamment que nous puissions disposer, au terme de ce Forum, d’orientations claires sur les mécanismes capables de renforcer durablement la mobilisation de l’épargne nationale et son orientation vers les priorités du PNCD», a affirmé le ministre de l’Économie, Thierry Minko.
Derrière les débats financiers, c’est donc une question de souveraineté économique qui se dessine. «Comment faire en sorte qu’une part croissante de la richesse créée ou épargnée par les Gabonais puisse contribuer à construire le Gabon de demain ? », s’est interrogé le ministre. Une question à laquelle les deux journées de travail devront apporter des réponses concrètes. Car pour le gouvernement, le Gabon continuera à s’appuyer sur ses partenaires, mais devra aussi apprendre à financer davantage son développement avec ses propres ressources.
















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