FONED : l’épargne gabonaise appelée à financer davantage l’économie nationale
Le Gabon veut changer de modèle de financement. À la clôture, jeudi 3 septembre à Libreville, du premier Forum national de l’épargne pour le développement (FONED), le gouvernement a affiché son ambition de faire de l’épargne des ménages et de la diaspora un levier essentiel du développement national. Une initiative destinée à réduire la dépendance aux capitaux extérieurs et à renforcer la souveraineté financière du pays.

Clôture de la première édition du FONED, le 3 septembre 2026. © D.R.
Clôturé le 3 septembre 2026 au Palais des congrès de Libreville, le premier Forum national de l’épargne pour le développement (FONED) a posé les bases d’une nouvelle stratégie de mobilisation de l’épargne des Gabonais et de la diaspora. Au cœur des échanges : réduire la dépendance aux financements extérieurs et faire de l’épargne nationale un levier de souveraineté économique.
Deux jours de travaux, six panels et une ambition clairement affichée : mieux capter l’épargne disponible pour la mettre au service du financement du développement national. Pour sa première édition, le FONED a réuni experts, acteurs financiers et partenaires autour des enjeux d’inclusion financière, de financement des infrastructures et de mobilisation de l’épargne nationale.
L’un des principaux enseignements du forum réside dans la nécessité de mieux connaître les attentes des épargnants, notamment ceux établis à l’étranger. Une vaste enquête a ainsi été menée auprès de la diaspora gabonaise, en France et dans plusieurs autres pays, mais également via les réseaux sociaux. Objectif : identifier les conditions susceptibles de favoriser son retour dans le circuit du financement national.
«Nous avons mobilisé beaucoup de gens pour mieux connaître leurs besoins et comment ils feraient en sorte d’investir et d’épargner au Gabon», a expliqué Claude Bacca, associé du cabinet-conseil du FICOM. Une consultation qui met en évidence le potentiel financier d’une diaspora désireuse de contribuer au développement du pays, sous réserve de disposer de mécanismes sécurisés et suffisamment attractifs.
La diaspora est disposée à épargner

La visite des stands par le vice-président de la République. © D.R.
Cette question de la confiance apparaît d’ailleurs comme l’un des enjeux importants. Dans son discours de clôture, Césaire Tsinga, directeur de cabinet du ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, représentant le ministre Thierry Minko, a souligné que l’enquête révèle «une diaspora qualifiée, attachée à son pays et très largement disposée à y épargner». Encore faut-il, selon lui, lui offrir «la sécurité d’un tiers de confiance institutionnel, un parcours digital de bout en bout et une rémunération attractive de son épargne».
Au-delà de la diaspora, le FONED entend surtout changer de paradigme dans le financement de l’économie gabonaise. L’administrateur directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, Marius Issa Nkori, a résumé l’enjeu en une interrogation : « On n’a pas besoin d’aller à l’extérieur, c’est de se dire quelle est la part que les Gabonais peuvent financer à travers leurs propres sources ?» Une logique qui suppose toutefois de structurer davantage l’épargne nationale et de créer des instruments capables de la canaliser vers les secteurs prioritaires.
Il faut désormais passer à la vitesse supérieure
Présent à la clôture, le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, a salué la qualité des travaux menés durant ces deux jours, ainsi que les échanges avec les partenaires financiers. Il a appelé à «passer la vitesse supérieure», signe que les recommandations issues du forum devront désormais se traduire en mécanismes concrets.
Avec la visite des stands des différents partenaires, le vice-président a officiellement refermé cette première édition du FONED. Au-delà du rendez-vous institutionnel, le forum aura surtout posé une question stratégique : combien le Gabon peut-il financer lui-même, avec l’épargne de ses citoyens et de sa diaspora ? La réponse pourrait conditionner une partie de sa trajectoire vers davantage de souveraineté financière.
















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