Du 15 au 19 septembre, l’Institut de pharmacopée et de médecine traditionnelle (Iphametra) accueille la Journée de la médecine traditionnelle, organisée par l’Association nationale des thérapeutes du Gabon (ANTG). À travers des stands, des expositions de produits et des consultations, l’initiative dévoile les savoirs thérapeutiques issus de la pharmacopée traditionnelle gabonaise et africaine. Les échanges s’articulent notamment autour de trois axes : la biodiversité et l’environnement, la phytochimie et la biologie, ainsi que le savoir endogène et l’ethnologie. Une manière, pour les organisateurs et les exposants, de replacer les connaissances ancestrales au cœur des réflexions sur la santé et la valorisation du patrimoine naturel.

Les visiteurs suivant les explications d’un thérapeute lors de la Journée de la médecine traditionnelle à l’Iphametra. © GabonReview

Malgré son état quasi lugubre hérité des incidents post-électoraux de 2016, l’Institut de Pharmacopée et de médecine traditionnelle (Iphametra) accueille, du 15 au 19 septembre, la Journée de la médecine traditionnelle, organisée par l’Association nationale des thérapeutes du Gabon (ANTG). Autour de trois axes thématiques -biodiversité et environnement, phytochimie et biologie, savoir endogène et ethnologie-, l’événement mêle stands d’exposition, démonstrations de produits et consultations sur place, et offre une vitrine vivante à un pan méconnu, mais profondément ancré du système de santé gabonais, voire africaine.

Interventions sur plusieurs pathologies

Clichés de la Journée de la médecine traditionnelle à l’Iphametra. © GabonReview

Sur les différents stands, les visiteurs découvrent une diversité de préparations à base de plantes, de racines, de feuilles ou encore de terre, notamment le kaolin blanc et rouge. Décoctions, breuvages, écorces et feuilles à bouillir, savons antiseptiques et thés naturels figurent parmi les produits proposés. Les thérapeutes affirment intervenir sur plusieurs pathologies, notamment les kystes, myomes, fibromes, paludisme, faiblesses sexuelles, maux de dos, hémorroïdes, maux d’estomac, diabète, fièvre typhoïde, hernie, hépatite, infertilité ou encore la sinusite. 

Et la matière première des produits proposés provient principalement des forêts gabonaises, en particulier de celles dont sont originaires les exposants. «Nos produits de base proviennent de nos forêts gabonaises», a expliqué la thérapeute, Léonie Bouanga. Une autre exposante, Kondo Roukeyetou, précise pour sa part que ses produits proviennent de leurs forêts du Togo.

«Valoriser la médecine traditionnelle et de permettre de travailler en étroite collaboration avec la médecine moderne»

Derrière cette exposition se pose toutefois la question de la qualité, de la sécurité et de la validation scientifique des produits. Les thérapeutes reconnaissent eux-mêmes les limites auxquelles ils sont confrontés pour analyser leurs préparations. «Nous-mêmes nous sommes les cobayes. Nous testons nos produits sur nous-mêmes avant de les présenter au public. Ça veut dire qu’on les consomme d’abord pour voir quels sont leurs effets avant de mettre sur le marché. S’il y a des anomalies, on ne les utilise pas», a encore expliqué Léonie Bouanga. 

Elle a surtout déploré l’absence de moyens permettant de réaliser des analyses en laboratoire. «Il faut des moyens pour aller en Laboratoire et pour analyser nos produits, mais on n’en a pas. Depuis que l’Iphamétra a brûlé, personne ne se manifeste pour le réhabiliter…», a-t-elle jouté.

L’exposante a ainsi appelé les autorités à «venir réhabiliter le bâtiment», afin de permettre aux acteurs de ce secteur de travailler dans de meilleures conditions, tout en plaidant pour «valoriser la médecine traditionnelle et de permettre de travailler en étroite collaboration avec la médecine moderne».

Recours lorsque la médecine conventionnelle ne répond pas à certaines attentes

© GabonReview

Cette démarche trouve également un écho auprès des visiteurs, pour lesquels la médecine traditionnelle demeure à la fois un héritage ancestral et un recours lorsque la médecine conventionnelle ne répond pas à certaines attentes. «Nos grands-parents ont vécu avec la médecine traditionnelle, et ça allait bien. Il n’y a pas de raison qu’on ne l’utilise pas à notre tour», a témoigné l’un d’eux, sous anonymat.

Sa présence relève aussi, a-t-il dit, de la volonté de découvrir les produits présentés, mais également de rechercher des réponses à certains problèmes de santé. «Si on vient visiter, c’est d’abord par curiosité, parce qu’il faut qu’on voie ce qu’ils proposent. Mais, on vient aussi parce qu’on a des problèmes de santé que la médecine moderne n’arrive pas à résoudre et on espère des solutions ici», a relevé ce visiteur.

Un autre a, pour sa part, salué «cette initiative de l’ANTG», estimant qu’elle offre «d’autres opportunités et d’autres solutions par rapport à la médecine conventionnelle». 

L’ANTG, qui regroupe des spécialistes de la médecine traditionnelle et de la pharmacopée, de plusieurs nationalités, sous la présidence de du Dr Diop Abdoulaye, entend ainsi valoriser le patrimoine culturel et spirituel de la médecine traditionnelle. Elle œuvre pour une meilleure collaboration entre la médecine moderne et la médecine traditionnelle sous l’égide du ministère de la Santé. 

 
GR
 

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