Gabon : Condamnation par contumace de Sylvia Bongo et son fils à 20 ans de prison, assortie des mandats d’arrêt
Poursuivis dans le cadre du procès qui s’est ouvert le 10 novembre devant la Cour criminelle spéciale, au Palais de justice de Libreville, Sylvia, l’épouse de l’ancien président Ali Bongo, et son fils aîné, Noureddin Bongo Valentin, ont été condamnés, le 11 novembre, par contumace, à 20 ans de prison pour détournement de fonds publics, et doivent rembourser solidairement une somme de 4,400 milliards de francs à la partie civile. De plus, un mandat d’arrêt international a été émis contre eux.

Sylvia Bongo et son fils aîné, Noureddin Bongo Valentin, sont également contraints de rembourser une amende de 100 millions de francs CFA, chacun. © D.R.
L’issue du procès, par contumace, de Sylvia Bongo Ondimba et de son fils Nourredin Bongo Valentin, ouvert le 10 novembre, a été rendue, le 11 novembre, par la Cour criminelle spécialisée. Ces deux membres de la famille Bongo ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle, assortie d’une amende de 100 millions de francs CFA chacun, ainsi qu’à la confiscation intégrale de leurs biens au profit de l’État gabonais. La Cour a également ordonné l’émission de deux mandats d’arrêt contre eux, en raison de leur absence durant le procès.
«Braquage de la République»
Après deux jours de procès agrémenté par des témoignages, des révélations et des attentes de la population, le verdict a enfin été connu, à la suite des charges retenues contre ces deux principaux accusés. Ils ont été reconnus coupables de plusieurs infractions. L’ex-première dame a, par exemple, été accusée de recel et de détournement de fonds publics, de blanchiment de capitaux, d’usurpation de fonds et d’instigation au faux, tandis que son fils a été reconnu coupable de détournement de deniers publics, de concussion, d’usurpation de titres et de fonctions, de blanchiment aggravé de capitaux et d’association de malfaiteurs.
Lors des débats, le procureur général, Eddy Minang, a qualifié ce procès de «braquage de la République» et dénoncé la «captation méthodique des ressources publiques à des fins personnelles». Il a estimé les montants détournés à plus de 1 201 milliards de francs CFA, tandis que d’autres investigations évoquent un total de 4 400 milliards de francs CFA siphonnés sur les finances publiques gabonaises. Toute chose indiquant une gabegie institutionnalisée, illustrée par des dépenses fastueuses, l’achat de deux jets privés et nombre d’acquisitions immobilières à l’étranger.
Selon les témoignages à la barre, notamment celui de Kim Oum, gérant des sociétés-écrans, Sylvia Bongo dépensait plus de 2 milliards de francs CFA par mois, et utilisait des avions privés financés par l’argent public pour des voyages personnels. Plus d’une trentaine de sociétés-écrans auraient servi à masquer la sortie frauduleuse de ces fonds, ainsi que des placements dans des paradis fiscaux et des actifs pétroliers et miniers.
Confiscation de tous les biens identifiés
Pour le président de la Cour criminelle spécialisée, Jean Mexant Essa Assoumou, «ces crimes sont d’une ampleur inédite commis au cœur même de l’État». Il a ainsi validé les requêtes du ministère public, notamment la confiscation de tous les biens identifiés, parmi lesquels figurent des comptes bancaires, des hôtels particuliers à Londres et Marrakech, ainsi que des actifs stratégiques.
Sylvia Bongo et son fils, qui vivent actuellement en exil à Londres, ont boycotté le procès, le considérant comme une instrumentalisation judiciaire. Ils étaient poursuivis, avec dix autres accusés pour des infractions liées à la délinquance économique, financière et au grand trafic. Ils seront jugés notamment pour des faits de détournement, de corruption, de faux et usage de faux, de blanchiment des capitaux, ainsi que d’autres chefs d’accusation.
















1 Commentaire
Délivrance d’un mandat d’arrêt contre les Bongo? C’est une blague. j’espère.Vous croyez que ces gens vont se laisser arréter sans réagir et se laisser enfermer pour un log moment, même avec un mandat d’arrêt international sur le dos? tout le Gabon savait que, après leur fuite (avec la complicité de certaines personnes influentes), ils ne remettraient plus les pieds au Gabon.Seul moyen de les faire revenir au Gabon, envoyer un commander de mercenaires Angleterre, les kidnapper et les exfiltrer tel l’ex-PDG de RENAULT/NISSAN Carlos GOSNE du JAPON