Fraîchement porté à la tête du patronat, AlainClaude Kouakoua tient ce samedi sa première grande sortie publique. La deuxième édition du Gabon Economic Forum se déroule au Palais des congrès Omar Bongo Ondimba, sous le thème «Des entreprises fortes pour une croissance durable et une prospérité partagée». Un an après une première édition riche en promesses, le rendezvous se mue en exercice de vérité.

Pour Alain‑Claude Kouakoua, le nouveau patron des patrons, le Gabon Economic Forum est à la fois une vitrine et un premier rendez vous de vérité. © GabonReview (montage)

 

Élu à l’unanimité le 12 juin par le bureau exécutif élargi de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), Alain‑Claude Kouakoua aborde ce forum avec l’allant d’un dirigeant décidé à inscrire le secteur privé au cœur des arbitrages économiques. Le patron de la holding ACK, qui assurait l’intérim depuis le départ d’Henri‑Claude Oyima au gouvernement, a fait du Gabon Economic Forum (GEF) la pièce maîtresse de son projet : ériger la grande messe économique en rendez‑vous annuel de référence entre l’État, les entreprises et les partenaires au développement.

L’ambition est à la hauteur du moment. Placée sous le très haut patronage du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’édition 2026 entend mobiliser les chefs d’entreprise autour du Programme national de croissance et de développement (PNCD) 2026‑2030. Pour financer ce plan, le ministre de l’Économie, Thierry Minko, avance une enveloppe globale de près de 27 000 milliards de francs CFA et table sur le secteur privé pour en apporter quelque 18 000 milliards, soit près des deux tiers.

Trois engagements et une croissance à deux chiffres

Reste à mesurer le chemin parcouru. À la clôture de la première édition, les 7 et 8 juillet 2025, Henri‑Claude Oyima avait pris trois engagements fermes : publier une synthèse des travaux assortie d’un plan d’action prioritaire, instaurer un mécanisme permanent de suivi doté d’un bilan annuel, et institutionnaliser le forum en amont de la préparation de la loi de finances.

Le tout au service d’un cap sans équivoque, une croissance d’au moins 10 %. «Cet objectif, bien qu’ambitieux, est non seulement indispensable, mais aussi vital», tranchait l’argentier de l’époque. Les recommandations d’alors, stratégie sectorielle, production de données économiques fiables, révision du code des marchés publics au bénéfice du contenu local, auraient nourri la matrice du PNCD.

Le rendezvous de la preuve

Douze mois plus tard, la tenue même de cette deuxième édition valide le premier de ces engagements : le forum est bel et bien devenu annuel. Pour le reste, le bilan promis se fait attendre. La synthèse et le plan d’action prioritaire n’ont guère irrigué le débat public, et le mécanisme de suivi censé mesurer les progrès et identifier les écarts demeure discret.

C’est tout l’enjeu de ce 27 juin : transformer une plateforme d’idées en instrument de redevabilité. En héritant d’un forum qui a beaucoup promis, Alain‑Claude Kouakoua dispose d’une occasion idéale d’imposer sa marque, celle d’un patronat qui ne se contente plus de proposer, mais qui sait aussi exiger des comptes. La barre est haute. Elle est à sa main.

 
GR
 

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