Gabon : interpellé après avoir utilisé le drapeau national pour emballer un moyeu de roue
Un homme prénommé Ange a récemment été interpellé par les éléments de la Brigade Sud après la diffusion virale d’une vidéo le montrant utilisant le drapeau gabonais pour envelopper une pièce mécanique de taxi-bus. Il affirme avoir agi dans le cadre d’un dépannage, sans connaître les règles encadrant l’usage de l’emblème national.

Interpellé pour outrage au drapeau national, Ange risque jusqu’à un an de prison (image IA à titre illustratif). © GabonReview
L’usage du drapeau gabonais pour emballer une pièce automobile pourrait coûter cher à Ange. Selon nos confrères de Gabon 1ère, cet homme a été recherché puis interpellé sur la route de Cocobeach par les éléments de la Brigade Sud (Camp Roux), après la circulation sur les réseaux sociaux d’une vidéo le montrant utilisant le drapeau national pour envelopper le moyeu de la roue avant gauche d’un taxi-bus.
Les images, largement relayées en ligne, ont suscité de nombreuses réactions, certains internautes dénonçant un manque de considération envers un symbole de la République. L’affaire a ainsi conduit à l’intervention des forces de sécurité.
Entendu sur les circonstances des faits, Ange a expliqué qu’il procédait au dépannage d’un autre véhicule, à la demande de son patron. Il affirme avoir utilisé le drapeau pour transporter ou protéger la pièce mécanique démontée, sans savoir qu’un tel usage pouvait être interdit. L’intéressé a également présenté ses excuses aux autorités et à la population.
Jusqu’à un an de prison et 5 millions de francs CFA d’amende
Au-delà de l’indignation suscitée par cette séquence, le dossier renvoie aux dispositions du Code pénal gabonais relatives à la protection des symboles de la République. L’article 85 définit l’outrage comme tout acte ou toute attitude susceptible de porter atteinte à la considération, au respect, au prestige ou à l’usage de ces symboles.
L’article 86 du même texte prévoit, pour toute personne reconnue coupable d’avoir outragé le drapeau national, l’hymne national, le sceau, les armoiries ou tout autre symbole de la République, une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 5 millions de francs CFA d’amende, ou l’une de ces deux sanctions seulement.
L’application de ces dispositions au cas d’Ange dépend toutefois de la qualification juridique des faits et de l’appréciation des autorités judiciaires. L’interpellation ne constitue pas une condamnation, et les explications de l’intéressé devront être examinées dans le cadre de la procédure.
Les limites de l’ignorance invoquée
Cette affaire rappelle que le drapeau national ne constitue pas un simple morceau de tissu utilisable sans considération pour sa fonction symbolique. Il incarne notamment la souveraineté, l’unité et l’identité de la République gabonaise.
Elle souligne également les conséquences que peut entraîner la diffusion d’images sur les réseaux sociaux. Dans ce dossier, une vidéo devenue virale a contribué à attirer l’attention des forces de sécurité sur un comportement susceptible de relever d’une infraction pénale.
Reste à déterminer si l’usage du drapeau dans les circonstances décrites caractérise effectivement l’outrage prévu par la loi. En attendant une éventuelle décision judiciaire, les faits rapportés et les excuses présentées par l’intéressé ne préjugent pas de l’issue de la procédure.
















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