HABANA

 

En villégiature à Libreville, une animatrice ivoirienne aurait été condamnée aux galères de l’Aéroport international Léon Mba de Libreville. Après avoir passé tous les contrôles, elle dit avoir été interpellée par un agent de la Police de l’air et des frontières (Paf) qui, la prenant pour une journaliste, exigera d’elle un document de son employeur alors que sa visite ne s’inscrivait que dans un cadre strictement familial. Après 14 h de détention, elle a été rapatriée. De la Côte-d’Ivoire, elle a posté son histoire qui enflamme la toile et qui révèle les bévues de la Paf.

Yann Bahou, l’animatrice ivoirienne maltraitée à l’aéroport de Libreville. © D.R.

Depuis la diffusion, en mai 2013 par des journalistes occidentaux de France 24, d’un reportage sur une grève des étudiants de l’Université Omar Bongo (UOB) et d’un autre sur les quatre plaies de cet établissement d’enseignement supérieur (le restaurant universitaire, la bibliothèque, le campus et l’insalubrité), les journalistes étrangers sont les mal-venus au Gabon. Il leur faut toujours, en amont, une autorisation du ministère gabonais de la Communication pour passer les frontières du pays. On ne savait pas que la consigne s’est élargie aux animateurs et présentateurs de télévision.

Yann Bahou, animatrice radio et télé ivoirienne en a fait les frais : elle aurait été retenue, le 14 septembre, pendant environ 14 heures dans un local de la Police de l’air et des frontières (Paf) dans l’enceinte de l’Aéroport international Léon Mba de Libreville au Gabon, sur instruction de sa hiérarchie. Laquelle exigerait que les journalistes étrangers en séjour au Gabon en mission ou pas, aient un document délivré par leur employeur attestant de leur mission ou pas. Document que ne possédait pas l’animatrice que les hommes en tenue ont pris pour une journaliste.

Les faits contés par Yann Bahou

Le poste de l’animatrice. © Capture d’écran/Gabonreview

«À la sortie de l’aéroport, je suis interpellée par un agent de la police de l’immigration qui me demande : vous êtes journaliste madame ? J’ai dit non je suis animatrice. Il m’a demandé de le suivre chose que j’ai fait sans hésiter», a posté Yann Bahou qui a conté sa mésaventure sur la toile. Une fois au poste de police poursuit-elle, elle a fait savoir aux agents qu’elle se rendait au Gabon pour une visite familiale et non dans le cadre d’une mission. Une explication que n’auraient pas intégrée les hommes en tenue qui exigeront de l’Ivoirienne le document de son employeur, justifiant de sa présence dans le pays, avant de lui prendre ses téléphones. «A peine j’ai eu le temps de dire à mon contact ce qui se passait que l’agent m’a arraché le téléphone de l’oreille et l’a balancé sur une chaise. Il m’a crié dessus en exigeant que j’entre dans la salle pour qu’il ferme la porte», relate-t-elle.

Enfermée de 19h du 14 septembre à 9h du 15 septembre sans boire ni manger, elle dit avoir été maltraitée. «Dès que j’ouvrais la bouche pour demander ce que j’avais fait, on m’exigeais de la fermer». Mieux, révèle-t-elle, à côté d’elle se trouvaient d’autres étrangers parmi lesquels un Ivoirien et dont certains avaient déjà fait 8 jours de détention dans des conditions inhumaines pour des faits qu’ils ignoreraient. «Un détenu a demandé à prendre ses médicaments, on lui demandé : les médicaments c’est pourquoi ? Vas là-bas», dit-elle. «Stressée et paniquée je n’avais plus de mots. A 4h j’ai pris froid vu que j’étais assise à même le sol et là j’ai commencé à saigner», poursuit l’animatrice selon qui, les hommes en tenue n’ont manifesté aucune compassion. Assurant que parmi les détenus de la Paf se trouvait un Togolais qui n’avait pas mangé depuis 3 jours, elle dit avoir été refoulé le 15 septembre et ramené en Côte d’Ivoire.

Le zèle des forces de l’ordre pointé du doigt

Alors que l’image des hommes en tenue dans le pays est souvent écornée, les internautes se disent choqués de constater que jusqu’à la Paf, ils se distinguent par leurs bévues. «Comment expliquer qu’on garde dans des conditions inhumaines quelqu’un qui a priori, n’a rien fait ?», s’est interrogé un internaute quand un autre a estimé que les hommes en tenue font toujours dans l’abus d’autorité et l’excès de zèle. «Cela ne m’étonne pas trop de la part de nos supers hommes en uniforme. Ils se comportent parfois comme des véritables dieux sur terre oubliant que la roue tourne. Quelle honte pour l’image de notre cher pays à l’extérieur», a lâché un autre. «C’est l’absence de moyens et l’espoir d’un probable changement de mentalité qui nous maintiennent ici jusque là», a commenté une internaute fatiguée des mauvais traitements que subissent les civils dans le pays.

«Au Gabon, si vous avez des papiers qui mentionnent que vous êtes journaliste, il y a toujours des embrouilles à l’aéroport. Même si vous venez à titre privé. J’en ai fait les frais deux fois», a témoigné un journaliste. «Ma chance, c’est que j’avais un titre de séjour. Si vous êtes journaliste, venez toujours avec un papier de votre boite qui stipule que vous n’êtes pas en mission mais en congés. Toujours ! C’est triste mais c’est comme ça», a-t-il regretté. Selon lui, ça l’est depuis qu’un journaliste de France 24 avait fait «un reportage incognito sur l’UOB». «Un reportage à charge qui n’avait pas plu aux autorités du Gabon d’autant que le reporter était entré incognito sur le territoire et était reparti sans qu’on ne le sache», croit-il savoir.

Si d’aucuns notent qu’un peu partout dans le monde les journalistes sont souvent traités différemment, pour beaucoup, les faits rapportés par l’animatrice sont suffisamment graves pour que les services concernés expliquent ce qu’il s’est réellement passé.

 
GR
 

10 Commentaires

  1. SERGE MAKAYA dit :

    Et ça ce n’est rien par rapport à ce que je voyais à l’époque de Bongo Père. Je me rappelle d’avoir sommé un gradé d’arrêter de frapper un étranger qu’on soupçonnait d’espionnage. Et comme il voulait continuer, parce qu’il n’avait pas d’ordre à recevoir de moi (nous étions du même grade), disait-il, je l’ai sérieusement boxé. Je peux me permettre de raconter cette histoire sans crainte, car il et déjà décédé il y a plus de 15 ans. pitié pour ces militaires SAUVAGES. A Ntare Nzame !!!

  2. Gayo dit :

    Ali Bongo ne veut pas que le monde voit comment lui et son père ont ruiné le pays. Le mytho croit pouvoir cacher sa médiocrité éternellement. Le pire c’est ces militaires incultes, sauvages, inhumains et dangereux qui gèrent notre sécurité. Une armée nationale qui a les mêmes mentalités que les milices qui sévices à l’ est de la rdc. En cas d’instabilité au Gabon, nous savons que nous pouvont compter sur cet armée non pas pour nous protéger mais pour nous faire davantage souffrir et nous tuer. Ali Bongo a besoin d’animaux et non des hommes éduqués pour comme armée parce qu’il sait sont être une injustice pour le peuple, illégitime, impopulaire.

  3. UDFR dit :

    c’est vraiment triste et surtout inacceptable de se comporter de la sorte simplement parce qu’on a le droit de contrôler les passagers…que veut prouver cet individu…qu’il est plus puissant que cette femme …misérable ma foi…et sans compter les détournements/rançons d’argent qu’il doit exiger régulièrement…

  4. NPE dit :

    c’est proprement scandaleux et honteux pour notre pays!
    Cette médiocratie m’horripile…

  5. Cashsuper dit :

    Si c était Mackosso j aurais compris car il passe son temps à vilipender le Gabon. Mais la pauvre dame je comprends rien. Cet attitude est symptomatique d un pays qui n est plus gourverné car personne ne répond plus de personne tout le monde en fait à sa tête car ne craint aucune sanction

  6. LE GABON EST UN PAYS D’ACCUEIL DES ETRANGERS.IL YA JUSTE DES BREBIS GALUESE DANS L’ARMEE DU GABON.LE NOMBRE D’ETRANGER AU GABON DIT TOUT.

    JE SUIS CONTRE NOS DIRIGEANTS MAIS POUR CET PROBLEME JE SOUTIEN QUE LES GABONAIS NE SONT PAS XENOPHOBE

  7. Joel dit :

    Chers amis les allégations de l’animatrice ivoirienne sont très exagérées pourquoi????

    Tout simplement parceque à l’aéroport LEON MBA ya aucune prison c est une.un endroit de 3ème génération avec un haut standing….les agents de la Paf,quelques que soit leur rangs ne peuvent se permettre de commettre se genre de comportement. L’animatrice d’après les agents en service ce jour c est retrouvé à l’extérieur sans pourtant effectuer les formalités de police surtout avec un comportement méprisant envers les agent.Comment peut on soutenir un mensonge pareil de l’animatrice…ces agent qui font leur travail avec beaucoup de professionnalisme rencontré plus de 5000 passagers jours sans un incident….aucun individu ne peut porter atteinte à la loi Gabonaise….

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