Harold Leckat dévoile à Paris son récit de la «brimade institutionnelle» au Gabon
Quand les procédures s’enlisent et que les recours deviennent incertains, quelle place reste-t-il pour entreprendre ? Dans son livre présenté le 3 octobre à Paris, Harold Leckat Igassela interroge les obstacles institutionnels auxquels se heurtent les entrepreneurs gabonais. Un témoignage personnel que le fondateur de Gabon Media Time entend porter sur le terrain des réformes.

«Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la revanche. C’est la réforme» : Harold Leckat, lors de la présentation de son livre à Paris, le 3 octobre 2026. © D.R.
GabonReview l’a déjà explicité : Harold Leckat Igassela a choisi le livre pour reprendre la parole, sous un angle et un thème autres que journalistique. Le journaliste, entrepreneur et juriste gabonais a présenté, samedi 3 octobre 2026 à Paris, Entreprendre au Gabon : sous la brimade institutionnelle, publié aux Éditions Jets d’Encre. Selon un communiqué de presse daté du 4 octobre relatant la rencontre, la présentation a réuni journalistes, proches et invités, avant près d’une heure d’échanges avec l’assistance.

À Paris, Harold Leckat présente Entreprendre au Gabon : sous la brimade institutionnelle, un récit personnel pour interpeller sur les obstacles à l’initiative privée. © D.R.
L’ouvrage remonte aux étapes ayant précédé la création de Gabon Media Time : son licenciement du cabinet Jules Obiang, le 3 décembre 2015, puis son passage au sein du groupe Oloumambè, éditeur de La Loupe et de L’Aube. Ce parcours de juriste devenu journaliste, puis entrepreneur dans les médias, constitue la matière d’un récit nourri de son expérience personnelle.
L’auteur rattache sa démarche à une épreuve vécue en octobre 2025, après laquelle il dit avoir gardé le silence. « Non par oubli, ni par renoncement, mais parce qu’il fallait d’abord comprendre ce qui m’était arrivé, l’écrire, puis le transformer », explique-t-il dans des propos rapportés par le communiqué.
Des obstacles qui usent à petit feu
Que recouvre la « brimade institutionnelle » annoncée dans le titre ? Harold Leckat Igassela décrit une accumulation de lenteurs, d’engagements non respectés et de procédures sans issue claire. À ses yeux, ces pratiques peuvent fragiliser un entrepreneur sans prendre la forme d’une confrontation ouverte.
« Certaines violences ne sont pas toujours spectaculaires. Elles passent par les silences, les lenteurs, les engagements non respectés, les procédures qui s’enlisent, les décisions sans explication », soutient-il.
Ce diagnostic reste celui de l’auteur, qui revendique explicitement la dimension personnelle de son ouvrage : « Ce livre n’est ni une plainte ni un règlement de comptes. C’est ma parole, mon témoignage, ma version des faits. Il est une alerte et une contribution au débat public. »
Des garanties pour entreprendre, des obligations en retour
Interrogé sur la portée politique de son livre, Harold Leckat Igassela défend une « interpellation républicaine ». Il affirme vouloir ouvrir une discussion sur la justice, l’entrepreneuriat et la liberté d’informer : « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la revanche. C’est la réforme. »
Les pistes avancées concernent la prévisibilité des règles, le respect des contrats et l’accès à des recours effectifs. L’auteur demande également la fin de ce qu’il qualifie de « pénalisation abusive des différends économiques ». Il assortit toutefois ces exigences d’obligations pour les opérateurs privés : « En retour, les entrepreneurs doivent assumer transparence, conformité et responsabilité sociale. »
La présentation parisienne s’est achevée par une séance de dédicaces. Harold Leckat Igassela souhaite désormais faire de son livre un support de discussion sur les conditions concrètes d’exercice de l’activité économique et du journalisme au Gabon.
















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.