Soutenir l’interdiction d’exporter l’iboga, sans condamner ses débouchés : c’est la ligne défendue par le GIE BOIS. Dans un communiqué daté du 26 septembre, ce groupement d’opérateurs plaide pour une protection ciblée de la ressource brute, qui laisse à la transformation gabonaise la possibilité de se développer.

De la plantation aux produits transformés, le GIE BOIS plaide pour une filière qui conserve la valeur ajoutée au Gabon. (Illustration générée par IA) © GabonReview

 

Les félicitations sont appuyées, la demande précise. Dans une adresse au président de la République et au gouvernement, le Bloc of Operators in the Iboga Sector (BOIS), qui déclare réunir plus de cent opérateurs, salue l’interdiction d’exportation de l’iboga. Mais le groupement, présidé par René Mboungana Guibouanga, en souhaite un périmètre bien défini : que l’interdiction vise la plante « à l’état brut ou sous forme de copeaux », « afin que la valeur ajoutée reste au Gabon ».

Cette précision porte l’essentiel du plaidoyer. Les signataires défendent une filière capable de vendre des produits transformés à l’international. Ils invoquent l’avis n° 002/2026 du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), auquel ils attribuent une recommandation d’interdire l’exportation de l’iboga brut pour favoriser sa transformation locale.

Une activité que le groupement veut préserver

« Le secteur ne part pas de zéro », insiste le communiqué. Le BOIS affirme fédérer planteurs, coopératives, PME, tradipraticiens et communautés villageoises. Il fait état de plantations constituées depuis plusieurs années et de produits déjà commercialisés au Gabon : chocolats, infusions, crèmes et savons.

Ces activités sont présentées par le groupement comme le socle d’une ambition industrielle et scientifique. À terme, celle-ci pourrait inclure des « extraits totaux purifiés » et des alcaloïdes produits dans des laboratoires répondant aux normes applicables. Le document expose ici une perspective, sans détailler les capacités industrielles disponibles.

Pour ses auteurs, l’enjeu consiste à faire du Gabon « un pays producteur, transformateur et développeur de produits à haute valeur ajoutée ». Ils proposent notamment un label « IBOGA du GABON » et une chaîne de production identifiable, permettant de contrôler l’origine, les volumes et les destinations.

Protéger sans fermer les débouchés

Cette ambition suppose, selon eux, de distinguer l’iboga du domaine forestier public de celui des plantations privées ou communautaires « dûment déclarées et contrôlées ». La traçabilité deviendrait ainsi un outil de protection autant qu’une condition d’accès au marché.

Le BOIS redoute aussi qu’une politique trop restrictive détourne les investisseurs vers les pays voisins. Il demande donc que la politique d’exportation « ne mette pas en péril l’industrie artisanale et locale qui existe déjà au Gabon ».

Sous les marques de déférence, le communiqué pose une question économique précise : quelle place réserver aux producteurs et transformateurs gabonais dans le dispositif de protection de l’iboga ?

 
GR
 

0 commentaire

Be the first one to leave a comment.

Post a Comment