Réuni ce jeudi 30 avril 2026 sous la présidence du Chef de l’État, le Conseil des ministres a adopté une série de textes législatifs et réglementaires significatifs, tout en délivrant un message politique clair à l’adresse du Gouvernement : l’heure de la refondation est révolue, celle de la preuve a commencé.

Le Porte-parole du Gouvernement, Charles E. Mombo, faisant lecture du communiqué final du Conseil des ministres du 30 avril 2026 sur Gabon 1ère. © GabonReview (capture d’écran)

 

À la veille du 3 mai, premier anniversaire de sa prestation de serment, le Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema a ouvert la séance par un discours de bilan sans complaisance. Il a reconnu des avancées réelles : reconstruction de l’architecture institutionnelle, restauration de la crédibilité internationale, amorce d’une dynamique de souveraineté économique. Mais il a aussitôt souligné leurs limites, rappelant que l’emploi, le pouvoir d’achat et les conditions de vie des Gabonais n’ont pas encore connu d’amélioration tangible.

Le ton était posé. L’essentiel restait à venir.

Tolérance zéro et menace de remaniement

Le Chef de l’État a durci ses exigences envers les membres du Gouvernement. Il a instruit que la lutte contre l’inertie administrative, la corruption et la concussion soit menée avec la plus grande rigueur, précisant qu’il n’admettra aucune complaisance, ni de la part des agents de l’État, ni des ministres eux-mêmes. Tout membre du Gouvernement qui ne produirait pas les résultats attendus, ou qui couvrirait des comportements contraires à l’éthique publique, s’exposera sans délai à un remaniement. Il a par ailleurs exigé la fin immédiate du cumul des fonctions ministérielles avec la présidence d’un conseil d’administration d’établissement public ou de société d’État.

L’iboga, le Transgabonais et la tenue africaine

Sur le plan législatif et réglementaire, trois décisions retiennent particulièrement l’attention. D’abord, l’Iboga, plante sacrée gabonaise aux dérivés alcaloïdiques très convoités par l’industrie pharmaceutique mondiale, est déclaré patrimoine stratégique national. Un cadre réglementaire complet en encadre désormais l’accès et la commercialisation, et un Fonds souverain de l’Iboga est créé pour financer la filière et la recherche scientifique nationale.

Ensuite, le Gabon se dote des moyens de moderniser son chemin de fer Transgabonais, grâce à un emprunt de 173 millions d’euros (environ 113,4 milliards de francs CFA) auprès de l’AFD, complété d’une subvention de l’Union européenne de 30 millions (près de 19,6 milliards de francs CFA), soit une enveloppe globale de 203 millions d’euros (un peu plus de 133 milliards de francs CFA).

Enfin, le port d’une tenue africaine sera désormais obligatoire chaque vendredi pour l’ensemble des agents de l’administration publique.

Le Conseil a également entériné plusieurs nominations diplomatiques, dont celle de Mme Alia Maeva Bongo Ondimba épouse Biendi Maganga Moussavou au poste de Consul général de la République Gabonaise en République du Tchad. Son époux travaille actuellement dans ce pays en tant que Directeur général du Groupe Orabank à N’Djamena .

 
GR
 

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