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L’attribution des marchés par l’ANGTI dans le cadre du Projet d’investissement dans le secteur éducatif (Pise), financé par l’Agence française de développement (AFD), est jugée douteuse par certains soumissionnaires gabonais vraisemblablement écartés au profit des seules entreprises asiatiques, dont deux chinoises, et au détriment de la préférence communautaire encouragée par le Code des marchés publics.

Le ministre de l’Education nationale confiant officiellement un lot à un des représentants des deux entreprises chinoises. © D.R.

 

Rendus publics le 12 juin, les résultats de l’appel d’offres international lancé le 17 janvier 2020 par l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI) pour le compte du ministère de l’Éducation nationale dans le cadre du programme Pise sont contestés. Des entreprises locales ayant soumissionné soupçonnent des arrangements passés entre les autorités gabonaises et les entreprises asiatiques ayant raflé la totalité des cinq marchés proposés. C’est, en tout cas, la conviction de Faco Construction, l’entreprise de BTP à qui l’on doit, entre autres, le CHU d’Owendo et dans quelques mois la nouvelle ambassade de France au Gabon.

Dans un courrier adressé le 20 juin à Bogdan Sgarcitu, le directeur général de l’ANGTI, le patron de Faco Construction évoque en effet des «négligences et pratiques illicites et non conformes aux règles en vigueur», en matière de passation des marchés publics en République gabonaise. Jean-Pierre Grelon s’étonne notamment de ce que les cinq lots aient tous été attribués à des sociétés étrangères, et asiatiques précisément. Parmi celles-ci, l’on compte la chinoise China State Construction Engineering Corporation (CSCEC), qui avait été dessaisie en juillet 2019 du marché relatif à la réhabilitation de l’axe routier PK12-PK105 pour non-respect des clauses contractuelles après avoir exigé de l’État gabonais l’apurement de sa dette liée à la construction du Palais des sports de Libreville et la réhabilitation de l’ambassade du Gabon en Chine. Cette entreprise a obtenu les lots n°1 et 2, d’une valeur globale de plus de 8,5 milliards de francs CFA.

Comme la CSCEC, la Building Construction Company Ltd (BCC), une entreprise saoudienne, s’est également vu attribuer deux lots (n°3 et n°5), pour plus de 3 milliards de francs CFA. Le lot restant ayant été attribué à Atricom pour plus de 2,6 milliards de francs CFA.

Seulement, selon Jean-Pierre Grelon, dont la société a soumissionné pour trois lots sans en obtenir aucun, l’attribution de ces marchés n’a pas tenu compte de la pratique de la préférence communautaire explicitement encouragée par le Code des marchés publics en vigueur au Gabon, et qui rend de fait prioritaires les entreprises locales. Mieux, l’ANGTI a, semble-t-il, omis que la vocation de l’AFD, unique bailleur de fonds dans le cadre du projet Pise, est de «privilégier le développement du Gabon et donc de son économie au travers des entreprises locales», rappelle le patron de Faco Construction dans son courrier que Gabonreview a consulté.

La «série d’irrégularités» relevées par Jean-Pierre Grelon concerne en outre le fait que l’entreprise CSCEC a été retenue pour l’exécution du lot n°2, alors que le rapport d’ouverture des offres établi par l’ANGTI et transmis le 17 mars 2020, fait apparaître qu’à la date limite officielle de dépôt et dépouillement des offres, cette entreprise chinoise n’avait pas soumis d’offre pour ce lot. «Il y a donc violation grave de la procédure», estime le directeur général de Faco Construction.

 
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1 Commentaire

  1. diogene dit :

    Furieux de se faire doubler dans le jeu corrompu qu’il a contribué à mettre en place et qui l’a enrichi le DG de Faco fait un caca nerveux !

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