Journée portes ouvertes de l’OPN : le Gabon veut moderniser son système d’approvisionnement en médicaments
L’Office pharmaceutique national (OPN) a organisé, vendredi 8 mai 2026 à Libreville, une journée portes ouvertes destinée à mieux faire connaître ses missions au grand public, ainsi que les mécanismes d’approvisionnement des structures sanitaires publiques en médicaments et autres produits de santé. À travers cette initiative, les autorités sanitaires entendent renforcer la transparence, améliorer la coordination des acteurs du secteur et garantir un accès plus équitable aux médicaments sur l’ensemble du territoire national.

Photo de famille à l’issue de la cérémonie de l’OPN, le 8 mai 2026 à Libreville. © GabonReview
Organisée sous le thème de la disponibilité continue des médicaments et produits de santé, cette rencontre a été présidée le vendredi 8 mai 2026, au siège de l’Office pharmaceutique national à Libreville, par la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou. Dans son allocution, elle a rappelé que les médicaments et autres produits de santé «constituent le socle opérationnel de toute prise en charge médicale efficace, depuis les soins primaires jusqu’aux interventions spécialisées», soulignant leur importance non seulement dans la qualité des soins, mais également dans la confiance des populations envers le système de santé. «Dans ce sens, dès ma prise de fonction, j’ai instruit que 70 % des dotations budgétaires des formations sanitaires en médicaments et en produits de santé soient disponibles via l’Office pharmaceutique national. La présente journée portes ouvertes illustre donc notre volonté commune de promouvoir une gouvernance inclusive et participative», a déclaré la ministre. Selon elle, cette initiative constitue un cadre privilégié de dialogue et de co-construction entre les institutions publiques, les partenaires techniques et financiers, les professionnels de santé, le secteur privé ainsi que la société civile.
Elle a également lancé un appel à l’ensemble des acteurs du système sanitaire afin de renforcer la coordination, améliorer la gestion des stocks, garantir le respect des normes de qualité et œuvrer collectivement à la performance de la chaîne d’approvisionnement. «Bâtir un système d’approvisionnement performant, sécurisé, transparent et durable, capable de garantir à chaque citoyen, sur tout le territoire national, un accès équitable à des médicaments et produits de santé de qualité, surtout à des coûts maîtrisés. C’est à ce prix que nous concrétiserons la vision du président de la République et que nous ferons de la santé un moteur de développement pour le progrès de notre nation», a-t-elle conclu.
Prenant également part à cette journée, le directeur exécutif de l’Association africaine des centrales d’achats de médicaments (ACAME), Aser Minoungou, a salué l’engagement des autorités gabonaises en faveur de l’accès aux médicaments de qualité. «Ce qu’il y a lieu de retenir, c’est que le gouvernement du Gabon a pris une décision très forte pour faire en sorte que les médicaments de qualité soient rendus disponibles et accessibles aux populations», d’après lui, c’est une volonté politique assez forte qu’il faut saluer à sa juste valeur. «Et cela passe désormais, dans son opérationnalisation, par une centralisation des achats de médicaments au sein de l’OPN», a-t-il indiqué.
Cinq piliers pour moderniser le système d’approvisionnement

Moments de la journée portes ouvertes à l’OPN. Visite des stands par la ministre, une vue des stocks des produits pharmaceutiques gardés à l’OPN et une vue des responsables de l’OPN. © GabonReview
De son côté, la directrice générale de l’OPN, le colonel Annie Josette Poaty, a insisté sur la nécessité de transformer l’institution afin de bâtir «un système d’approvisionnement moderne, performant et résilient, à la hauteur des attentes légitimes des populations ».
Pour atteindre cet objectif, l’OPN entend s’appuyer sur cinq piliers stratégiques. Le premier concerne «la centralisation et la quantification des besoins à partir de données fiables, actualisées et consolidées, afin d’anticiper les besoins réels des structures sanitaires et éviter les déséquilibres entre l’offre et la demande». S’agissant du deuxième pilier, il repose sur «l’organisation des achats groupés», permettant de mutualiser les ressources, renforcer le pouvoir de négociation, garantir la qualité des produits acquis et réaliser d’importantes économies d’échelle.
Le troisième axe porte sur «la mise en place d’un modèle financier sécurisé, circulaire et durable, garantissant la disponibilité continue des ressources et la traçabilité des flux». Ce dispositif prévoit notamment la constitution de stocks stratégiques et des mécanismes de paiement adaptés pour assurer la continuité des approvisionnements. Quant au quatrième, il concerne «la digitalisation du système d’approvisionnement des formations sanitaires, considérée comme indispensable pour améliorer la traçabilité, la remontée en temps réel des données de consommation et la prise de décision».
Enfin, le cinquième pilier repose sur la mise en place d’une «logistique intégrée s’appuyant sur un maillage national optimisé grâce à un réseau de neuf antennes régionales, avec pour objectif une distribution rapide, efficace et équitable des médicaments et autres produits de santé».
Ainsi, à travers ces différents leviers, l’Office pharmaceutique national entend pleinement assumer son rôle de centrale d’achat des médicaments et produits de santé, tout en adaptant son fonctionnement aux réalités nationales.
Thécia Nyomba













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