Justice contestée, droits contestés, dossier perdu : la détention de Bilie-By-Nze sous le feu des critiques d’EPG
Le vice-président d’Ensemble pour le Gabon (EPG), Théophile Makita-Niembo, a exprimé, le 10 juin, l’inquiétude de son parti face à la détention prolongée d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, ex-Premier ministre, incarcéré depuis près de deux mois à la prison centrale de Libreville. Dans un contexte national jugé très préoccupant, il a dénoncé l’absence de clarté sur les raisons de cette détention, dont les demandes de libération ont été rejetées, et affirme vouloir porter un message de responsabilité et d’espoir.

Le vice-président d’Ensemble pour le Gabon (EPG), Théophile Makita-Niembo, le 10 juin 2026, lors de la déclaration. © GabonReview/Capture d’écran
Dans une déclaration, le 10 juin, le vice-président d’Ensemble pour le Gabon (EPG), Théophile Makita-Niembo, a dressé un tableau préoccupant de la situation du leader de leur formation politique, Alain-Claude Bilie-By-Nze, incarcéré depuis près de deux mois à la prison centrale de Libreville. Dans un contexte national décrit comme «particulièrement préoccupant» sur les plans politique, économique et social, ce parti d’opposition affirme vouloir porter «une voix de responsabilité, de vérité et d’espérance». Il évoque le maintien en détention de l’ancien Premier ministre, qui suscite incompréhension et inquiétude, alors que «les demandes de mise en liberté ont été rejetées» et que «la détention provisoire se prolonge sans que les Gabonais ne comprennent clairement» ses fondements.
Le point le plus alarmant soulevé dans cette déclaration concerne la gestion du dossier judiciaire de l’ex-chef du gouvernement. Selon EPG, les magistrats ont annoncé avoir perdu le dossier. Une situation jugée inédite et troublante. Le parti s’interroge dès lors et se demande «sur quel élément la justice continue-t-elle alors de statuer ?». À cela s’ajoutent des entraves à la procédure dénoncées par la défense, notamment le fait que «le juge d’instruction refuse de recevoir les actes déposés par les avocats». Pour Théophile Niembo Makita, une telle dynamique rompt avec les fondamentaux de l’État de droit, rappelant que «dans toute démocratie respectueuse de l’État de droit, la justice examine les recours avant de les accepter ou de les rejeter». Or, dans ce dossier, a-t-il fait remarquer, «le rejet semble malheureusement être devenu un automatisme».
«Le Gabon mérite mieux qu’une justice qui suscite le doute au lieu d’inspirer la confiance»
La déclaration du vice-président d’EPG a également insisté sur les conditions de détention de leur leader, jugées particulièrement restrictives. Il a indiqué que seuls certains membres de sa famille sont autorisés à lui rendre visite, tandis que ses amis, ses proches collaborateurs et les militants de son écurie politique en sont empêchés, sans base juridique clairement établie. Plus encore, son placement en «cellule d’isolement totale communément qualifiée de cellule aveugle» est dénoncé et aucune justification sécuritaire ou judiciaire n’a été avancée. EPG considère que ces mesures «soulèvent de sérieuses interrogations» et rappelle un principe fondamental qui veut que «la liberté demeure la règle et la détention, l’exception». Le parti de Bilie-By-Nze appelle ainsi à des «explications claires et publiques» sur ces conditions.
Le propos de Théophile Makita-Niembo a élargi le débat à la situation politique globale du Gabon et à la crédibilité des institutions. Il a évoqué une affaire désormais «observée bien au-delà des frontières du Gabon» et interpelle les partenaires internationaux, ainsi que les organisations de défense des droits humains. Le parti a de même établi un lien entre cette affaire et un climat général de défiance, estimant que «le Gabon mérite mieux qu’une justice qui suscite le doute au lieu d’inspirer la confiance». Il a, de ce fait, appelé les citoyens à rester «mobilisés, vigilants et profondément attachés aux valeurs de justice».













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