Kango : à la place de l’Indépendance, le pont de Medjeingne risque-t-il de s’effondrer ?
Va-t-il tenir encore longtemps ? À Kango, le pont de la rivière Medjeingne, en plein centre-ville, à la place de l’Indépendance, se creuse et se fissure sous les pas des piétons et le poids des véhicules. Pendant que la commune aligne les chantiers, cet ouvrage stratégique, lui, attend toujours son sauvetage..

Le dessous du pont qui ne cesse de se creuser, le 2 juillet 2026 à kango. © GabonReview
Le 4 juillet 2026, une équipe de GabonReview a pu constater sur place l’ampleur des dommages. Le pont présente un affaissement visible de ses abords, avec une importante cavité creusée sous la chaussée, des fissures marquées sur les dalles latérales et des éléments de soutènement fortement détériorés. À certains endroits, la terre a été emportée sous la structure, laissant apparaître des pans entiers rongés par l’érosion. Le canal de drainage situé sous l’ouvrage, lui aussi endommagé, témoigne d’un affaiblissement plus profond de l’ensemble.

Le pont des deux côtés. © GabonReview
Au-delà de la dégradation matérielle, c’est surtout la sécurité des usagers qui alarme. Pour les riverains, le pont Medjeingne n’offre plus toutes les garanties nécessaires, notamment pour les enfants et les piétons qui le traversent chaque jour. «On n’est pas en sécurité. Moi, quand je passe sur le pont avec les enfants, je leur demande de marcher au milieu. Ce n’est pas possible», confie A.L., une habitante du secteur. Un témoignage qui résume à lui seul l’inquiétude grandissante autour de cet ouvrage pourtant central dans la vie quotidienne de la commune.
Une démolition pour réduire les risques
Pour cette riveraine, la situation est telle que des mesures radicales ne sont plus à exclure. Selon elle, une démolition de l’ouvrage, suivie de la mise en place d’une traversée provisoire, pourrait être envisagée, à l’image du dispositif de bac utilisé lors de la construction du pont de Kango. Une hypothèse qui traduit moins une volonté de rupture qu’un besoin pressant de sécurisation. Car l’état de l’ouvrage se dégrade au fil du temps, sans réponse à la hauteur des risques encourus.
Dans la commune, beaucoup y voient aussi l’occasion de remettre à niveau un pont en service de longue date, dont la réhabilitation apparaît désormais comme une nécessité.
À l’heure où Kango amorce plusieurs chantiers, le cas du pont Medjeingne rappelle que certaines infrastructures anciennes, pourtant essentielles à la mobilité urbaine, ne peuvent plus être reléguées au second plan. À la place de l’Indépendance, l’urgence n’est plus seulement celle de la rénovation : elle est désormais celle de la sécurisation d’un ouvrage devenu source de crainte pour les habitants.
Thécia Nyomba















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.