Kougouleu, village situé à près de 60 kilomètres de Libreville, une rivière autrefois claire et propre, est aujourd’hui au cœur d’une vive inquiétude environnementale. Depuis le démarrage des activités de la société Ogooué Digital Gold, opérant sous l’appellation Khaloiza Stone Mining, l’eau serait devenue jaunâtre et fortement chargée en particules de boue ; conséquence présumée de l’extraction de sable menée en amont. Une situation qui prive progressivement les habitants d’un point d’eau capital pour leurs besoins quotidiens, rapportent plusieurs médias locaux.

Vue de la rivière du village Kougouleu présentant une couleur rougeâtre à la suite de l’extraction de sable. © D.R.

Une exploitation de sable menée par des opérateurs chinois a transformé la rivière du village Kougouleu, à 56 kilomètres de Libreville, en un cours d’eau jaunâtre et boueux. Toute chose privant les habitants d’un point d’eau indispensable pour leurs besoins quotidiens.

Face à cette crise environnementale et sanitaire, les populations, relayées par l’ONG Bwete Te Bwete, interpellent les plus hautes autorités de l’État, accusant la société Ogooué Digital Gold, opérant sous le nom trompeur de Khaloiza Stone Mining, d’avoir ignoré les avertissements et violé le Code minier. «Depuis que l’opérateur économique est rentré à Kougouleu, la couleur de l’eau de la rivière a changé», a témoigné Clémentine Minkue Mi-Edzogo, cheffe du village, rapportée par lalettreverte.info.

La gravité du problème tient également à l’emplacement des opérations. Selon les habitants, l’exploitant aurait été invité à travailler en aval afin de préserver la rivière et les usages domestiques de l’eau. Ces recommandations n’auraient pas été suivies, avec pour conséquences une dégradation de la qualité de l’eau, une réduction de la hauteur du lit et une perturbation du cours naturel de la rivière.

«Une eau que nous ne pouvons même pas utiliser pour laver, ne serait-ce que la vaisselle», a déploré la cheffe du village. Pour une population qui dépend largement de ses ressources naturelles, cette pollution constitue donc non seulement une menace écologique, mais aussi un risque pour les conditions de vie et la santé des riverains.

Faire établir les responsabilités, vérifier les autorisations et préserver la rivière

La situation est d’autant plus préoccupante que les alternatives restent limitées. La source naturelle située près du pont à l’entrée du village est trop éloignée pour certains habitants, tandis que la pompe hydraulique fonctionnant à l’énergie solaire demeure tributaire des conditions météorologiques. «Vous pouvez passer une heure juste pour remplir deux ou trois bidons de 15 litres. Chose qui n’est pas normale», a expliqué Francis, un riverain.

Dans ce contexte, l’ONG Bwete Te Bwete a saisi le ministère des Mines, le 31 août 2026, évoquant une «non-conformité flagrante aux prescriptions du Code de l’environnement» et s’interrogeant sur l’existence ou le respect du Quitus environnemental et du Plan de gestion environnemental et social (PGES).

En plus de la pollution visible, c’est la régularité même de l’exploitation qui est également questionnée. Le Code minier gabonais prévoit notamment la protection de l’usage, du débit et de la qualité des eaux et permet à l’administration d’imposer des mesures de sauvegarde aux frais de l’opérateur lorsque des travaux présentent des risques.

L’ONG estime ainsi que «les atteintes constatées sur le terrain apparaissent manifestement non conformes aux mesures de protection». Face à ces interrogations et à la dégradation d’une ressource vitale, les populations, par l’intermédiaire de Bwete Te Bwete, appellent désormais les autorités, notamment le président Brice Clotaire Oligui Nguema, à intervenir pour faire établir les responsabilités, vérifier les autorisations environnementales et minières et, surtout, préserver la rivière dont dépend une partie de la vie quotidienne du village.

 
GR
 

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