La Sablière, jeudi matin : ce que Oligui a martelé aux conseillers municipaux de l’UDB
Jeudi 23 avril, au siège de l’UDB à la Sablière, Oligui Nguema a réuni en urgence les 103 conseillers municipaux de son parti pour une mise au point que certains présents qualifient, à voix basse, de «séance de vérité». Budget insincère, arrangements entre initiés, querelles de chapelles paralysant la capitale, le chef de l’État a tapé du poing sur la table et annoncé des «dispositions» dont il n’a pas révélé la nature, mais dont le ton a suffi à glacer la salle. Ce qui s’est dit ce matin-là ressemble moins à une réunion de parti qu’à un ultimatum. GabonReview vous en livre les coulisses.

La salle de réunion du siège de l’UDB à La Sablière, ce jeudi 23 avril, avant l’arrivée du président fondateur, Brice Clotaire Oligui Nguema. © GabonReview
Il y a des réunions dont on ressort changé. Pas nécessairement transformé, mais averti. Celle du jeudi 23 avril au siège de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), dans le quartier de la Sablière à Libreville, était de celles-là.
Oligui tape du poing sur la table

Atmosphère dans la salle avant le début de la réunion. © GabonReview
Convoqués en urgence par le président de la République lui-même, les 103 conseillers municipaux UDB de Libreville ont pris place tôt le matin dans une atmosphère que plusieurs présents décrivent, sans chercher l’euphémisme, comme lourde. Autour de Brice Clotaire Oligui Nguema : Mays Mouissi, secrétaire général du parti, Jean-Pierre Oyiba, directeur de cabinet politique, des cadres provinciaux de l’Estuaire. Suffisamment de témoins pour que le message soit reçu, et suffisamment peu de portes de sortie pour que personne n’ignore à quoi il s’exposait.
Le chef de l’État a parlé sans détour. Libreville n’est pas n’importe quelle commune : c’est la capitale du Gabon, le miroir de ce que la rupture du 30 août 2023 était censée produire de concret. Et ce miroir, en ce moment, renvoie une image peu flatteuse. Querelles de chapelles, arrangements entre initiés, budget présenté «à la volée» comme une esquisse de comptable pressé, Oligui Nguema a mis des mots précis sur tout cela. Avec ce que plusieurs participants décrivent comme un poing sur la table, au sens presque littéral.
Il a exigé que les «mauvaises pratiques» cessent. Les intérêts personnels, les petits arrangements entre initiés, Oligui Nguema a annoncé avoir pris des dispositions pour y mettre fin. Des dispositions dont la nature n’a pas filtré, mais dont le ton a suffi à convaincre l’assistance que la plaisanterie était terminée. Le secrétaire général a été expressément chargé de sanctionner tout élu qui s’écarterait des orientations du parti. C’est une chose que de l’écrire dans un règlement intérieur. C’en est une autre de le dire à voix haute, devant cent trois personnes qui savent ce que valent les amitiés quand le vent tourne.
Une feuille de route brève, mais sans appel
Sur le fond, le président a tracé une feuille de route brève mais exigeante : refaire le budget, non pas gonfler des chiffres, mais construire un document sincère, articulé autour d’un vrai effort d’investissement. Digitaliser les services de paiement, pour couper court aux manipulations que l’argent liquide autorise et que la traçabilité numérique interdit. Et surtout : mettre fin aux guerres internes qui paralysent l’Hôtel de Ville depuis des mois.
Ce que personne ne dit publiquement, mais que chacun a compris en quittant la Sablière ce jeudi matin, c’est que Pierre Matthieu Obame Etoughe n’est plus tout à fait le sujet. Le sujet, désormais, c’est ce qui vient après. Et Oligui Nguema, visiblement, a déjà commencé à y travailler.













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