Onze ans après leur disparition, familles, proches et personnalités ont rendu un hommage appuyé à Rose Francine Rogombé et à son époux Jacques, saluant la mémoire d’un couple dont l’héritage continue de marquer la vie publique gabonaise.

Lambaréné en recueillement pour Rose Francine et Jaques Rogombé, le 11 avril 2026. © D.R.

 

À Lambaréné, dans la province du Moyen-Ogooué, l’émotion était palpable le 11 avril 2026, à l’occasion de la cérémonie d’hommage dédiée à Rose Francine Rogombé et à son époux Jacques Rogombé, tous deux disparus. Initiée par la famille, cette journée de recueillement a rassemblé parents, proches et connaissances autour du souvenir d’un couple profondément ancré dans l’histoire nationale.

Les hommages ont débuté à l’hôtel de ville de Lambaréné, où un accent particulier a été mis sur le parcours public et politique de Rose Francine Rogombé. Prenant la parole au nom de la famille, Quentin-Christian Rogombé a salué «une figure historique et lumineuse de la nation», rappelant que «onze années ont passé sans jamais altérer la vivacité de la mémoire ni la force de l’exemple laissé».

Plusieurs personnalités ont ensuite exprimé leur reconnaissance et leur admiration, parmi lesquelles Alexis Boutamba Mbina, Médiateur de la République, Julien Nkoghe Bekalé, ancien Premier ministre, Marie Madeleine Mborantsuo, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, Lucie Milebou, ancienne présidente du Sénat, ainsi que Richard-Auguste Onouviet, ancien ministre.

Rose Francine Rogombé, première femme magistrate au Gabon, présidente du Sénat et présidente de la République. © D.R.

Dans leurs interventions, tous ont mis en lumière non seulement le parcours exceptionnel de Rose Francine Rogombé, mais aussi la discrétion et le soutien constant de son époux. «Derrière une grande dame s’est toujours tenu un grand homme», a souligné Richard-Auguste Onouviet, tandis que Marie Madeleine Mborantsuo évoquait un souvenir «impérissable, vibrant, gravé à jamais».

Une transmission des valeurs portées par les disparus

La cérémonie s’est poursuivie à l’église Saint-François-Xavier avec un hommage religieux, avant la bénédiction du caveau familial. Au-delà du devoir de mémoire, cette rencontre a également permis de resserrer les liens familiaux et de transmettre aux plus jeunes les valeurs portées par les disparus.

Née le 20 septembre 1942 à Lambaréné et décédée le 10 avril 2015 à Villejuif, en France, Rose Francine Rogombé fut une figure majeure de la vie institutionnelle gabonaise. Première femme magistrate du pays, elle a présidé le Sénat de 2009 à 2015 et assuré l’intérim à la tête de l’État entre juin et octobre 2009, à la suite du décès du président Omar Bongo Ondimba.

Son nom demeure indissociable dans l’histoire de la République, incarnant à la fois l’intégrité, l’engagement et le sens de l’État.

 
GR
 

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