Des langues en voie de disparition, des savoirs ancestraux et l’écologie comme piliers d’une intégration régionale : le pari est ambitieux, et Libreville en devient le laboratoire. Réunis dans la capitale gabonaise pour la deuxième édition du Campus Mbongi, responsables de la CEEAC, universitaires et chercheurs ont lancé, le 24 juillet, cette initiative dont le volet de terrain, une formation itinérante réunissant des participants venus de plusieurs pays d’Afrique centrale, se tiendra du 27 juillet au 8 août.

Le président de la Commission de la CEEAC, le Dr Ezéchiel Nibigira ouvrant les travaux, le 24 juillet 2026 à Libreville. © GabonReview

 

Libreville accueille la deuxième édition du Campus Mbongi, une école d’été internationale consacrée aux langues en danger, aux savoirs endogènes et à l’écologie. La cérémonie d’ouverture, présidée par le président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), le Dr Ezéchiel Nibigira, marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre d’un projet qui entend faire de la connaissance un moteur de développement et d’intégration régionale.

Quelques moments de cérémonie d’ouverture. © GabonReview

Dans son allocution, le président de la Commission a rappelé que cette initiative dépasse largement le cadre d’une simple formation académique, se présentant comme l’expression d’une vision politique portée par la CEEAC, celle d’une Afrique centrale qui choisit de construire son intégration par la connaissance, la science, la culture et l’innovation. «Aujourd’hui, nous franchissons une étape importante. Nous passons de la conception à l’action, de la réflexion à la mise en œuvre», a déclaré Ezéchiel Nibigira.

«L’intégration des intelligences»

Le responsable communautaire a également insisté sur la vocation durable du Campus Mbongi, appelé à devenir un véritable espace de réflexion et d’innovation. «L’intégration économique ne peut être durable sans une intégration des intelligences. Notre ambition est donc de faire émerger progressivement un véritable espace communautaire de la connaissance, capable de produire des compétences, des innovations et des solutions africaines aux défis africains», a-t-il expliqué. Il a par ailleurs fixé deux priorités : faire de la société civile un acteur majeur de l’intégration scientifique de la région et ériger la rigueur administrative en principe de gouvernance.

Saluant le partenariat avec le Gabon, pays hôte de cette deuxième édition, Ezéchiel Nibigira a annoncé qu’il se rendrait sur les différents sites du Campus Mbongi afin d’échanger avec les étudiants, les chercheurs et les équipes pédagogiques. «Car l’intégration régionale ne se décrète pas, elle se construit, elle se vit, elle s’expérimente, elle se transmet aux nouvelles générations», a-t-il conclu.

Un facteur important de l’intégration «afro-centralienne»

Le coordonnateur international du programme, Patrick Mouguiama-Daouda, n’a pas manqué, pour sa part, de souligner la portée historique de l’initiative. «Ce 24 juillet 2026, nous inscrivons la recherche d’enseignement supérieur en Afrique centrale dans le mouvement de l’histoire», a-t-il affirmé, évoquant des étudiants «résolument engagés dans la mobilité académique, facteur clé de l’intégration ‘’afro-centralienne’’». Revenant sur la création, en 2018, du réseau Bantouphonie, il a rappelé que celui-ci porte déjà en lui les germes de la mobilité scientifique et ambitionne de «redonner sa place, toute sa place, au savoir endogène».

Pour sa part, la commissaire en charge de la Promotion du genre à la CEEAC, Nelly Banaken, a estimé que le Campus Mbongi s’inscrit pleinement dans la stratégie de l’organisation sous-régionale. «Elle traduit notre conviction profonde que l’intégration régionale ne peut être durable que si elle repose sur la circulation des savoirs, le partage des expériences, la coopération scientifique et la valorisation de nos identités communes», a-t-elle indiqué. Pour elle, cette initiative contribuera à renforcer l’identité culturelle de l’Afrique centrale, à préserver son patrimoine et à développer des capacités de recherche au service du développement régional.

Libreville, Mfoulayong, Donguila, Pongara : un campus itinérant

Du 27 juillet au 8 août, étudiants, chercheurs et experts venus de plusieurs pays participeront ainsi à cette formation itinérante organisée à Libreville, Mfoulayong, Donguila et Pongara. Le programme scientifique intensif restera consacré aux langues en danger, aux savoirs endogènes et à l’écologie.

À travers cette itinérance entre quatre sites, les organisateurs entendent faire de la connaissance un outil de rapprochement entre les peuples et transformer le patrimoine culturel, humain et écologique de l’Afrique centrale en un véritable moteur de développement durable.

 
GR
 

0 commentaire

Be the first one to leave a comment.

Post a Comment