«Le Manganèse des métiers verts» : un concours national pour révéler les championnes des métiers agricoles et accélérer la souveraineté alimentaire
Lancé ce mercredi 8 avril 2026 à Libreville, le concours «Le Manganèse des métiers verts» entend identifier et promouvoir cinq figures féminines d’excellence dans l’agriculture gabonaise. Portée par l’association Femmes Agritech Innovations avec l’appui d’Eramet Comilog, l’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation du secteur agricole et d’autonomisation des femmes, sur fond d’enjeux de souveraineté alimentaire.

Un moment de l’inauguration officielle du siège de l’association avec, entre autres, la ministre d’État à l’Éducation nationale, l’ADG d’Eramet Comilog et le PCA d’Agropag. © D.R.
Libreville a abrité, ce mercredi 8 avril 2026, une double cérémonie marquante : le lancement officiel du concours «Le Manganèse des métiers verts» et l’inauguration du siège de l’association Femmes Agritech Innovations. L’événement s’est tenu en présence de la ministre d’État à l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq, présidente du Conseil d’administration de l’association, ainsi que de Leod Paul Batolo, Administrateur Directeur général d’Eramet Comilog, et Raymond Ndong Sima, PCA de la société Agropastorale du Gabon (Agropag).
Dans son allocution, la ministre d’État a présenté ce concours comme «un acte politique et social fort», destiné à reconnaître le rôle stratégique des femmes dans la production agricole nationale et à renforcer la souveraineté alimentaire du Gabon. Elle a insisté sur la nécessité de valoriser «celles qui nourrissent le pays», tout en intégrant les innovations technologiques dans les pratiques agricoles.
Un levier pour valoriser l’excellence féminine et moderniser l’agriculture
Concrètement, l’initiative vise à identifier et récompenser cinq profils féminins d’exception dans différentes filières agricoles, allant de l’élevage au maraîchage, en passant par le vivrier et l’innovation technologique. Le concours, exclusivement réservé aux femmes, ambitionne de créer des rôles modèles capables d’inspirer la jeunesse et de redorer l’image des métiers agricoles.

Camélia Ntoutoume-Leclercq lançant officiellement le concours. © D.R.
Au-delà de la distinction honorifique, les organisateurs entendent structurer un écosystème dynamique autour des «métiers verts», en misant sur l’intégration du numérique et des solutions technologiques pour améliorer la productivité, la rentabilité et la durabilité des exploitations agricoles. L’objectif est également de susciter une émulation nationale et de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’agricultrices entrepreneures.
Le concours sera déployé dans cinq provinces pilotes, sélectionnées pour leur potentiel agronomique : le Moyen-Ogooué, le Haut-Ogooué, la Ngounié, l’Estuaire et l’Ogooué-Lolo. Une première phase d’identification sur le terrain permettra de sélectionner des finalistes locales, avant une délibération nationale confiée à un jury d’experts.
Un partenariat stratégique au service de la souveraineté alimentaire
Dans son discours, Camélia Ntoutoume-Leclercq a également souligné la cohérence de cette initiative avec la vision du président de la République, axée sur la transformation structurelle de l’économie et la promotion du «Made in Gabon». Elle a notamment insisté sur le lien stratégique entre agriculture et indépendance économique, rappelant que «la terre constitue le principal levier de développement durable».
Le partenariat avec Eramet Comilog, acteur majeur de l’exploitation du manganèse, illustre cette volonté de convergence entre secteur minier et développement agricole. À travers ce projet, les deux partenaires entendent démontrer que les ressources du sous-sol peuvent servir de levier à la valorisation des richesses agricoles, dans une logique de diversification économique.
Enfin, l’inauguration du siège de Femmes Agritech Innovations vient renforcer l’ancrage institutionnel de cette dynamique. Présenté comme un espace de formation, d’accompagnement et d’innovation, ce nouveau cadre se veut un incubateur de talents féminins dans l’agriculture gabonaise.
Avec «Le Manganèse des métiers verts», les autorités et leurs partenaires entendent ainsi poser les bases d’un changement de paradigme : faire des agricultrices des actrices centrales du développement, tout en repositionnant les métiers verts comme des secteurs d’avenir.












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