Les populations des quartiers Diba-Diba, Ondogo, Lac Bleu, GP et de l’échangeur de Nzeng-Ayong ont échangé, le 24 août 2026, avec la gouverneure de la province de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba. Au cœur des discussions : le projet de libération des emprises autour de la Cité de la démocratie, préalable à la construction de nouvelles voies destinées à améliorer la circulation dans Libreville.

Marie Françoise Dikoumba à la sortie de la rencontre avec les populations impactées, le 24 août 2026. © D.R.

 

La perspective du déguerpissement suscite des inquiétudes chez les habitants des zones concernées. Pour tenter d’apaiser les craintes et instaurer un dialogue avec les populations impactées, la gouverneure de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba, a rencontré le 24 août les habitants des premier et sixième arrondissements de Libreville.

Cette rencontre avait pour objectif d’expliquer les contours du projet de libération des emprises autour de la Cité de la démocratie, mais également de recueillir les préoccupations des riverains. L’opération s’inscrit dans le cadre de la construction de nouvelles voies devant contribuer à fluidifier la circulation dans plusieurs secteurs de la capitale.

«Il était question d’informer les populations de l’éminence de ce projet, mais surtout de les rassurer parce que certaines maisons avaient déjà été marquées depuis quelques jours», a expliqué Marie-Françoise Dikoumba. Elle a également précisé que «le marquage devrait se poursuivre pour toucher l’ensemble des quartiers cités dans le communiqué que nous avons fait».

Au-delà de l’information, les autorités veulent renforcer l’accompagnement des populations concernées. Consciente de la fragilité de ménages désormais confrontés à la perspective d’un départ, la gouverneure a insisté sur la nécessité d’améliorer le rapport entre l’administration et les riverains. «Nous allons revoir les attitudes de nos collaborateurs pour les sensibiliser à l’effet de mieux adopter leur contact avec les populations qui sont déjà impactées, qui sont déjà fragilisées, qui sont déjà très angoissées par la nouvelle du déguerpissement», a-t-elle assuré.

Les populations exigent clarté et indemnisation

Aperçu des populations. © D.R.

Si les habitants saluent l’ouverture du dialogue, ils souhaitent surtout obtenir des informations précises sur le projet, ses limites et les mécanismes d’indemnisation. Pour Joseph Mbou, habitant impacté, les consultations doivent s’appuyer sur des données techniques clairement présentées. «Lorsqu’on organise une telle réunion, on prend les dispositions qu’il faut. C’est-à-dire qu’il faut que la salle soit suffisamment grande, il faudrait que les techniciens soient munis de cartes et il faudrait qu’il y ait les projets que l’État se propose de mettre», a-t-il indiqué.

L’habitant insiste également sur la nécessité d’une indemnisation prenant en compte l’ensemble des biens affectés par l’opération. «Lorsqu’on veut faire quelque chose, il faut qu’on nous dise les projets qui viennent, qu’on fasse les mesures et qu’ils indemnisent les gens», a-t-il poursuivi, avant de rappeler : «L’indemnisation, ce n’est pas seulement le bâtiment. On indemnise les bâtiments et les cultures. Donc, il faudrait que l’État fasse les choses comme il faut».

Les consultations engagées par les pouvoirs publics devraient ainsi se poursuivre dans les prochaines semaines. Une nouvelle rencontre est annoncée après le recensement des personnes et des biens concernés. Une carte matérialisant les limites des emprises devrait également être affichée dans les mairies des arrondissements concernés. 

À travers cette démarche, les autorités entendent donc conjuguer réalisation des infrastructures et prise en compte des préoccupations sociales, alors que le projet routier est présenté comme l’une des réponses aux difficultés de circulation qui persistent dans plusieurs artères de Libreville.

 
GR
 

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