À Libreville, les inondations récurrentes continuent de mettre en péril des centaines de familles. Alors que la Protection civile cartographie enfin les zones dites à haut risque, la lenteur des mesures interroge face à une urbanisation anarchique qui expose la capitale à de graves déséquilibres environnementaux, mais surtout à de nouveaux drames.

Des maisons inondées dans le Grand Libreville (photo d’archives). © Zéphirin Menié Ovono

 

La Direction générale de la Protection civile a mené, dans le 6ᵉ arrondissement de Libreville, une mission de terrain destinée à identifier les causes des inondations et à cartographier les zones les plus vulnérables. Dans le secteur dit «Chez les sœurs», au cœur de Nzeng-Ayong, les agents ont constaté une situation alarmante : déchets plastiques obstruant les caniveaux, constructions en pied de montagne ou dans des mangroves, et habitations installées au bord des rivières. Autant de zones officiellement classées inhabitables, mais toujours occupées faute d’alternatives.

Depuis 2020, plusieurs drames ont endeuillé la capitale, dont le décès d’une fillette de huit ans en mars 2025 au quartier PK6. Plus récemment, entre janvier et avril 2026, près de 400 ménages ont été touchés par des inondations ou des glissements de terrain. Un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes, mais qui reste préoccupant.

Une agente de la Protection civile en pleine sensibilisation. © Capture d’écran/Gabon 1ère

«Une zone à risque est une zone qui ne devrait pas être habitable du fait de son exposition au danger. Pourtant, nous constatons que des familles s’y installent, près des rivières ou au pied des montagnes», a déploré le commandant Charles Mangouba, directeur de la Prévention des risques et menaces au ministère de l’Intérieur. Les habitants, eux, invoquent le manque de terrains constructibles et le coût élevé des matériaux pour expliquer ces choix contraints.

La sensibilisation comme solution

Face à cette situation, la Protection civile entend renforcer la sensibilisation, organiser des évacuations et envisager un relogement sécurisé des populations les plus vulnérables. «Notre responsabilité, c’est de sensibiliser la population sur les bons gestes et sur ceux à proscrire afin de mieux lutter contre les risques d’inondation», a précisé Natacha Abague Ebang, directrice de la Sensibilisation et de la Formation.

Fondée en 1849, Libreville paie aujourd’hui le prix d’une urbanisation non planifiée. Le développement anarchique des constructions dans les bassins versants et sur les collines est identifié par les services administratifs comme la principale cause de l’aggravation des inondations. Reste à savoir si la cartographie tardive des zones à risque permettra enfin d’anticiper les prochains drames.

 
GR
 

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