Lutte contre la traite et l’immigration illégale : le Gabon et l’ONUDC misent sur un arsenal juridique renforcé
Les enjeux de la traite des personnes et des trafics illicites ont été au cœur d’une audience, le jeudi 5 novembre, au ministère de la Justice. Le Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane, y a reçu le chef du Bureau Gabon de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Aliou Sall, pour consolider leur coopération face à ces phénomènes criminels.

Le ministre de la Justice, Augustin Emane, Aliou Sall, le chef du Bureau de l’ONUDC et leurs collaborateurs lors de l’audience. © D.R.
Le Gabon entend muscler son arsenal juridique face à la traite des personnes et à l’immigration illégale. C’est l’essentiel des échanges entre le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane, et Aliou Sall, chef du Bureau Gabon de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), reçus en audience le jeudi 5 novembre. La rencontre a posé les bases d’un appui technique renforcé, centré sur la production de textes juridiques, la protection des victimes et la coopération entre administrations.
Au centre des échanges, la nécessité de renforcer l’arsenal juridique national. Accompagné de Samia Chouchane, coordinatrice des programmes contre la traite des personnes et le trafic illicite des migrants au bureau régional de l’ONUDC à Dakar, Aliou Sall a présenté la volonté de l’institution onusienne de développer «des initiatives qui tiennent compte des besoins et des priorités du Gabon». Le recensement des projets conjoints, les financements et la coopération policière et transfrontalière figurent parmi les leviers envisagés.
De plus en plus de filières exploitent des personnes dans le cadre de l’immigration clandestine

Le Garde des Sceaux, le chef du Bureau de l’ONDC et leurs collaborateurs immortalisés. © D.R.
Le ministre a notamment alerté sur «de plus en plus de filières qui exploitent des personnes dans le cadre de l’immigration dite clandestine à destination de la République gabonaise». La protection de l’enfance, particulièrement exposée aux réseaux criminels, devra ainsi constituer une priorité. Augustin Emane a également insisté sur la distinction entre migration, phénomène naturel, et traite, qui implique la privation des droits et l’exploitation des personnes.
Les deux parties ont enfin convenu d’une action concertée associant administrations nationales et organismes onusiens, notamment autour des volets protection et enquête du Comité national de prévention et de lutte contre la traite. L’objectif prioritaire est la production de textes juridiques adaptés, afin de combler les insuffisances normatives et d’assurer une réponse durable. Mohamed Fall, spécialiste en suivi et évaluation de l’ONUDC à Libreville, participait également à la rencontre.


















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