HABANA

S’en prenant, sur Facebook, à ses collègues sans les citer nommément, l’ancien procureur de la République de Libreville, rencontré dernièrement, assure être l’objet d’attaques mystiques depuis quelques années.

Marquées de son nom, ces statuettes auraient été fabriquées pour préparer la mort de l’ancien procureur. © Facebook/Montage Gabonreview

 

Olivier N’zahou serait-il mystiquement en danger de mort ? Est-il réellement l’objet d’attaques en sorcellerie ? Qui lui en voudrait autant, au point de vouloir le voir mort ? Serait-il gênant ? Y aurait-il quelques motifs de vengeance à son encontre ? Tels sont, pour l’essentiel, les questions que l’on se pose au sein de l’opinion, suite aux récentes dénonciations de l’ancien procureur de la République de Libreville après la découverte présumée de deux statuettes avec son nom gravé sur l’une d’elles.

Sur Facebook, l’actuel avocat général à la Cour d’appel judiciaire de Franceville écrit : «Après les excréments et la tortue avec une patte coupée, c’est maintenant au niveau de ma représentation en statuette». Aussi, en attribue-t-il la manigance à ses collègues magistrats, sans les citer nommément : «Je vous rappelle, chers collègues, que vous n’êtes pas Dieu, d’une part et, nous sommes tous de passage sur terre, d’autre part. (…) Que je ne suis pas un obstacle pour ton ascension dans la Magistrature. C’est indigne pour des Magistrats d’utiliser des pratiques d’un autre âge

Rencontré jeudi dernier, l’ancien patron du parquet de la capitale gabonaise assure avoir été victime, à plusieurs reprises, de fusils nocturnes et bien d’autres pratiques de charlatanisme, alors qu’il était en fonction à Libreville en 2018. «Et récemment, il a été découvert deux statuettes au palais de justice dont l’une était sculptée à mon image, avec mon nom écrit dessus», dit-il.

Mais pourquoi donc un acteur de la scène judiciaire ne porterait-il pas plainte ? «Contrairement aux pays comme le Sénégal, dans le droit positif gabonais, il faut la preuve matérielle de ce que l’on avance. Nous avons déterré des statuettes à mon image, mais nous ne savons pas qui les a enterrées. Du coup, il devient impossible d’ester quelqu’un en justice pour ne pas être attaquer en diffamation», explique celui qui fut convoqué, en novembre 2019, à la Direction générale des recherches (DGR) sitôt démis de sa fonction de procureur de la république de Libreville.

Bien qu’il ne soit pas assez précis sur le sujet, le législateur prévoit des peines à l’encontre des personnes s’adonnant à des pratiques de charlatanisme. «Quiconque a participé à une transaction portant sur les restes ou ossements humains, ou s’est livré à la pratique de la sorcellerie, de la magie ou du charlatanisme susceptibles de troubler l’ordre public ou de porter atteinte aux personnes ou à la propriété, est puni d’un emprisonnement de 10 ans au plus et d’une amende de 5 millions de francs au plus, ou à l’une de ce deux peines seulement», dispose l’article 210 du nouveau Code pénal.

Objets réputés magiques, les poupées d’envoûtement ou poupées vaudou sont des stéréotypes bien connus de la sorcellerie en Afrique. Elles servent à jeter des sorts. Dans la sorcellerie occidentale, selon Wikipédia, «la poupée (souvent de cire, parfois de bois ou de chiffons) est appelée dagyde». Représentant une personne, les actions maléfiques menées sur elle «sont supposées avoir des effets» sur cette personne.

Mais comment prouver un acte de sorcellerie à la barre ? Là est la grande interrogation. Visiblement dépité, l’actuel avocat général à la Cour d’appel de Franceville a également écrit, dans le même post sur Facebook : «C’est vrai vous ne dormez pas tout comme il est aussi vrai que je ne suis pas immortel mais c’est indigne de vouloir absolument anticiper mon départ sur terre….. Je vous rappelle, cher collègue, que tu n’es pas Dieu d’une part et, nous sommes tous de passage sur terre, d’autre part.»

 
GR
 

1 Commentaire

  1. bitome dit :

    Rien à foutre d’Olivier Nzahou

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