À Melen, le Centre national de santé mentale peine à absorber une demande de soins en constante progression. Insuffisance de lits, locaux inadaptés et pression croissante sur le personnel : les capacités d’accueil semblent désormais atteindre leurs limites. Face à cette situation, les responsables de la structure appellent les autorités à engager une réponse urgente et durable.

L’hôpital psychiatrique réclame une renaissance. © D.R.

 

À Melen, les signaux d’alerte se multiplient. Au Centre national de santé mentale, l’afflux de patients met à rude épreuve une structure dont les capacités d’accueil ne semblent plus adaptées aux besoins actuels. Le personnel, déjà fortement sollicité, doit composer avec un manque de lits et des espaces d’accueil insuffisants.

Cette situation n’est pourtant pas nouvelle. Selon Jean Owono Mbeng, surveillant général du centre, les difficultés liées aux conditions de travail remontent à plusieurs années. «En 2014, l’hôpital psychiatrique de Melen a accordé une grève. La grève visait l’amélioration des conditions de travail. Et donc, cette grève a duré trois ans. Les autorités n’ont pas pu élaguer l’accueil de charge», a-t-il confié au micro de Radio Gabon.

Pour les responsables du centre, l’enjeu dépasse désormais la simple amélioration des conditions de travail. C’est l’ensemble de l’outil de prise en charge qui doit être repensé. «On l’a toujours exprimé depuis des années. Revoyons un peu le problème de l’hôpital psychiatrique de Melen. À la limite, cet hôpital est à détruire. Il est à reconstruire», plaide Jean Owono Mbeng.

Un centre au bord de la saturation

Une reconstruction qui apparaît d’autant plus nécessaire que la demande de soins en santé mentale continue de progresser. Avec des capacités d’accueil arrivées à saturation, le risque est de voir se creuser davantage l’écart entre les besoins des patients et les moyens disponibles pour leur assurer une prise en charge digne et adaptée.

Derrière la situation de Melen se pose également la question plus large de la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux et vivant en situation d’errance dans le Grand Libreville. Leur nombre était estimé à 127 000 personnes en 2024, selon les données évoquées par les responsables. Un chiffre qui donne une autre dimension à l’urgence exprimée par le personnel de Melen.

Entre infrastructures vieillissantes, manque de places et demande croissante, le Centre national de santé mentale apparaît ainsi comme le révélateur d’un défi plus vaste : celui de doter le Gabon d’une véritable politique de prise en charge de la santé mentale, à la hauteur des besoins de la population.

 
GR
 

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