Ne plus perdre la mémoire du Gabon : le pari du SAMEAU sur la photographie
Des décennies de cérémonies, de visages et de moments qui ont fait le Gabon, aujourd’hui éparpillées dans des disques durs et des téléphones, à la merci d’un clic malheureux. Au Musée National, la 6e édition du Salon des Métiers de l’Audiovisuel et du Numérique (SAMEAU) met la photographie face à un enjeu de taille : ne plus laisser disparaître les images qui racontent l’histoire du Gabon. Le projet de création d’une photothèque nationale numérique ambitionne de préserver ces archives et de donner une nouvelle visibilité à une profession encore faiblement reconnue juridiquement.

Les organisateurs et les formateurs de la 6e édition du SAMEAU, le 16 septembre 2026. © D.R.
Le Gabon veut-il laisser sa mémoire visuelle dormir dans les disques durs, les téléphones et les archives personnelles des photographes ? C’est l’une des questions posées en filigrane par la 6e édition du Salon des Métiers de l’Audiovisuel et du Numérique (SAMEAU), ouverte le 16 septembre 2026 au Musée National. Placée sous le thème «Entre mémoire et innovation : l’intelligence artificielle au service du patrimoine culturel», la rencontre entend faire de la technologie un outil de conservation et de transmission du patrimoine national.
Au cœur de cette édition, la photographie s’impose comme un enjeu à la fois professionnel et patrimonial. Depuis des décennies, les photographes documentent les cérémonies officielles, les événements culturels, les mutations urbaines, les personnalités et les moments importants de la vie nationale. Pourtant, une grande partie de cette mémoire reste dispersée et exposée au risque de disparition. Le comité d’organisation veut donc faire bouger les lignes avec la création annoncée d’une photothèque nationale numérique, destinée à rassembler, conserver et transmettre les images qui racontent le Gabon.
L’initiative portée par Jennifer Nupsia Mayombo Kangouna, présidente du Comité d’organisation, vise également à remettre la profession de photographe au centre du débat. Souvent sollicités pour immortaliser les grands rendez-vous du pays, ces professionnels demeurent encore peu reconnus juridiquement. La création d’un espace national d’archivage pourrait ainsi contribuer à donner une valeur patrimoniale à leurs productions, tout en permettant de constituer progressivement une mémoire visuelle de la période actuelle, notamment celle de la construction de la nouvelle République.
Mais le SAMEAU ne se limite pas à la photographie. Jusqu’au 19 septembre, le salon propose gratuitement aux jeunes plusieurs panels et ateliers consacrés au journalisme, au média training, à la communication institutionnelle, à la publicité, à la prise de parole en public, à la réalisation et au montage vidéo. L’écriture de scénarios assistée par intelligence artificielle et l’IA appliquée à la communication digitale figurent également au programme. Pour les organisateurs, l’enjeu est de permettre à une nouvelle génération de professionnels de maîtriser des outils appelés à transformer durablement ces métiers.
Avec cette 6e édition, le SAMEAU pose donc un double défi : préparer les professionnels aux technologies de demain et empêcher les images d’hier et d’aujourd’hui de disparaître. La photothèque nationale numérique envisagée pourrait constituer l’un des premiers jalons de cette ambition : faire de la photographie non plus seulement un support de communication, mais une véritable pièce de la mémoire nationale gabonaise.
















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.