Ntoum : le mystère de la morte du canal levé, un jeune gabonais de 18 ans écroué
Un mois après la découverte du corps sans vie d’une femme dans un canal à Ntoum, à proximité du magasin Prix Import, l’enquête de la Police judiciaire a permis d’identifier la victime, Alya Jordricia Bitsoumou, et d’interpeller un jeune homme de 18 ans, présenté comme le principal suspect. Christ Boupinga Bagnili, alias «La Grimace», a été inculpé pour viol et assassinat et placé sous mandat de dépôt. Les premiers éléments de ses aveux permettent de reconstituer le fil d’une nuit tragique.

Le corps sans vie d’Alya Jordricia Bitsoumou recouvert au bord du canal après sa découverte (capture d’écran). © GabonReview

L’auteur présumé, Christ Boupinga Bagnili, alias «La Grimace». © L’Union/D.R.
Le mystère qui entourait la mort d’Alya Jordricia Bitsoumou commence à se dissiper. Un mois après la découverte du corps de cette Gabonaise de 33 ans dans une canalisation, derrière un espace commercial à Ntoum, les enquêteurs de la Police judiciaire (PJ) ont mis la main sur un jeune homme de 18 ans. Christ Boupinga Bagnili, alias «La Grimace», a été présenté au juge d’instruction près le tribunal de première instance de Ntoum, qui l’a inculpé pour viol et assassinat, avant son placement sous mandat de dépôt lundi dernier.
Cette arrestation apporte un premier éclairage sur une affaire qui avait suscité l’émoi dans la commune de Ntoum. Dans un précédent article, GabonReview rapportait la découverte du corps de la jeune femme dans un canal et l’ouverture d’une enquête destinée à déterminer les circonstances exactes de sa mort.
Une nuit qui vire au drame
Les faits remontent à la nuit du 25 au 26 juillet dernier. Alya Jordricia Bitsoumou venait de participer à une sortie organisée en l’honneur de son neveu, qui venait de décrocher son baccalauréat. Sur le chemin du retour, elle aurait été prise pour cible par le jeune homme alors qu’elle marchait seule.
Selon les éléments rapportés par L’Union, Christ Boupinga Bagnili se trouvait auparavant avec des camarades dans une boîte de nuit. Il aurait, selon ses déclarations aux enquêteurs, beaucoup consommé de «Loco», une boisson forte et énergisante à base de vodka.
Après avoir aperçu Alya Jordricia, il l’aurait suivie avant de lui demander de lui remettre son téléphone portable. La jeune femme, qui venait de recevoir un appel, aurait rangé son appareil dans son sac, refusant d’obtempérer.
C’est alors que la situation aurait dégénéré.
Une agression qui aurait tourné au meurtre
Toujours selon les éléments de l’enquête rapportés par le quotidien, le jeune homme aurait frappé Alya Jordricia à la tête avec une bouteille à moitié pleine. Dans la confusion, la victime aurait sorti son téléphone de son sac et l’aurait jeté dans l’herbe.
Poussée dans la végétation, elle aurait entraîné son agresseur dans sa chute. Celui-ci l’aurait ensuite traînée jusqu’à un canal d’évacuation avant de lui plonger le visage dans l’eau.
La victime, fortement affaiblie, aurait ensuite été ramenée sur la berge avant de subir un viol. Le jeune homme l’aurait finalement rejetée dans le ruisseau, face contre le sol.
Ces éléments, qui devront encore être confrontés aux constatations matérielles et aux autres pièces de la procédure, donnent une tout autre dimension à la découverte macabre qui avait initialement laissé les enquêteurs face à de nombreuses interrogations.
Une deuxième agression qui précipite son arrestation
L’enquête ne s’est toutefois pas arrêtée à la découverte du corps. Deux semaines après les faits, le même jeune homme aurait commis une nouvelle agression contre une femme, toujours à Ntoum, selon les informations rapportées par nos confrères.
Cette récidive présumée aurait contribué à orienter les investigations. Irrités par son comportement, ses parents l’auraient envoyé à Ekouk. Mais cette tentative de l’éloigner n’aura pas suffi à le soustraire aux enquêteurs.
La coordination entre les différentes équipes de l’état-major des polices d’investigations judiciaires (EMPIJ) aurait finalement permis de localiser et d’interpeller le suspect.
Le suspect désormais devant la justice
Après un mois d’investigations, Christ Boupinga Bagnili se retrouve donc désormais dans le circuit judiciaire. Inculpé pour viol et assassinat, il a été placé sous mandat de dépôt dans l’attente de la suite de la procédure.
L’arrestation du jeune homme permet ainsi de lever une partie du voile sur la mort d’Alya Jordricia Bitsoumou. Elle ne constitue toutefois pas, juridiquement, une condamnation : les faits qui lui sont reprochés devront être établis dans le cadre de l’instruction et, le cas échéant, devant la juridiction compétente.
Un mois après la découverte du corps dans ce canal de Ntoum, l’affaire connaît donc un tournant majeur : le mystère laisse désormais place à une procédure judiciaire appelée à déterminer les responsabilités dans ce drame.
















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.