Nzeng-Ayong–Cité Émeraude dans les airs : OGÓLI, le téléphérique qui veut défier les embouteillages
À Libreville, où les embouteillages transforment chaque jour les déplacements en épreuve, le projet OGÓLI esquisse une réponse audacieuse. Porté par Ingénierie du Rail et OGÓLI SA, un réseau de télécabines, en projet, ambitionne de relier Nzeng-Ayong à la Cité Émeraude sur 6,5 kilomètres, en passant par six stations, dont la Cité de la Démocratie, l’Université Omar Bongo et Arambo. Le trajet, annoncé à 14 minutes, pourrait offrir une alternative à des parcours routiers qui dépassent parfois une heure aux heures de pointe.

Le trajet, annoncé à 14 minutes, pourrait offrir une alternative à des parcours routiers qui dépassent parfois une heure aux heures de pointe (Illustration IA). © GabonReview
Face à des embouteillages devenus l’un des principaux défis de la capitale gabonaise, le projet OGÓLI ambitionne d’ouvrir une nouvelle voie de mobilité. Il s’agit de celle des transports par câble. Porté par l’entreprise gabonaise Ingénierie du Rail et la société OGÓLI SA, ce futur réseau de télécabines prévoit de relier Nzeng-Ayong à la Cité Émeraude sur un tracé aérien de 6,5 kilomètres, desservi par six stations. Selon les projections, le trajet pourrait être effectué en seulement 14 minutes. «Une liaison aérienne pourrait donc réduire les temps de déplacement sans ajouter de véhicules sur des axes déjà saturés», ont souligné les promoteurs du projet, rapportés par plusieurs médias, qui envisagent une capacité pouvant atteindre 4 000 voyageurs par heure et par direction.
«4 000 voyageurs par heure et par direction»
Le choix de ce corridor répond à une réalité urbaine. Nzeng-Ayong figure, en effet, parmi les zones les plus densément peuplées et les plus congestionnées de la capitale, tandis que la Cité Émeraude est appelée à devenir un pôle administratif d’importance dans Libreville. En utilisant l’espace aérien, OGÓLI pourrait désengorger les axes existants sans y ajouter de véhicules et limiter les contraintes foncières, notamment les expropriations. Avec une capacité projetée de «4 000 voyageurs par heure et par direction», le dispositif pourrait transporter jusqu’à 60 000 personnes quotidiennement, selon les promoteurs. Le câble présente précisément cet intérêt en milieu urbain d’autant plus qu’il franchit les obstacles sans encombre.
Déjà adopté dans des villes comme Medellín, en Colombie, ou La Paz, en Bolivie, ce mode de déplacement présente plusieurs avantages. Il nécessite peu d’emprises foncières, limite les expropriations, franchit aisément les obstacles naturels ou urbains et fonctionne indépendamment des congestions routières. Avec ses cabines climatisées, connectées et un service envisagé sur une large amplitude horaire, OGÓLI pourrait ainsi représenter une véritable innovation dans le paysage des transports gabonais. «Le transport aérien permettrait notamment de limiter les contraintes liées à l’occupation du sol et de réduire la dépendance aux axes routiers fortement congestionnés», indiquent les études préliminaires.
La fiabilité énergétique sera un élément déterminant
S’il est question de mobilité, le projet porte également des ambitions économiques et sociales. Les promoteurs évoquent la création de plusieurs centaines d’emplois directs et indirects, la mise en place d’une Académie OGÓLI dédiée aux métiers du câble, ainsi que la transformation des stations en pôles d’échanges intégrant commerces, éclairage public et mobilités douces. Baptisé «la corde» en langue omyènè, ce projet pourrait contribuer à moderniser l’image de Libreville tout en réduisant la pollution liée aux embouteillages. Toutefois, son succès dépendra de son intégration avec les taxis, les minibus et les futurs réseaux de transport collectif, car «six stations ne suffiront pas si les usagers peinent ensuite à rejoindre leur domicile ou leur lieu de travail».
Mais entre la promesse et la réalisation, plusieurs défis restent à relever. Le projet se trouve encore au stade des études de préfaisabilité, portant sur la mobilité, la géotechnique, l’environnement, le financement et la viabilité économique. Le coût global, le prix des tickets, l’intégration avec les taxis et minibus ou encore la maintenance des installations dans le climat tropical gabonais demeurent des questions essentielles. Une interrogation apparaît toutefois comme centrale, à savoir si toutes les conditions seront réunies pour garantir un fonctionnement continu du réseau, notamment en matière d’approvisionnement électrique. Dans une ville encore confrontée à des coupures de courant récurrentes, la fiabilité énergétique sera un élément déterminant pour faire d’OGÓLI non seulement un symbole de modernité, mais surtout un véritable outil de transformation de la mobilité urbaine à Libreville.
















1 Commentaire
Nous on veut juste l’eau et le courant vous savez ?