Une équipe de Plastic Odyssey séjourne depuis la mi-août au Gabon pour une mission de reconnaissance dans le parc national de Loango. En partenariat avec l’Unesco, l’ANPN, la WCS et La Légion Bleue, l’organisation doit cartographier plus de 80 kilomètres de côtes afin de préparer une opération de dépollution de grande ampleur prévue entre 2027 et 2028.

Un exemple de la pollution plastique sur une plage. © Facebook/Plastic Odyssey

 

Le parc national de Loango s’apprête à devenir le théâtre d’une nouvelle bataille contre la pollution plastique. Depuis la mi-août 2026, quatre membres de Plastic Odyssey sillonnent ce vaste sanctuaire naturel de la façade atlantique gabonaise afin d’évaluer l’ampleur des déchets plastiques qui s’échouent sur ses plages. Pendant une quinzaine de jours, l’équipe doit parcourir plus de 80 kilomètres de côtes sauvages, procéder à une cartographie aérienne par drone, identifier les déchets et étudier les conditions d’une future opération de nettoyage.

Cette mission de reconnaissance constitue une étape préparatoire à une opération de dépollution beaucoup plus importante, envisagée pour 2027-2028. Elle est conduite avec l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), la Wildlife Conservation Society (WCS) et l’association gabonaise La Légion Bleue, dans le cadre d’une dynamique de coopération avec l’Unesco. 

Plus de 80 km de côtes à ausculter

L’enjeu consiste d’abord à mesurer précisément la réalité de la pollution. Dans cet environnement difficilement accessible, les équipes doivent localiser les accumulations de déchets, déterminer leur nature et identifier les zones prioritaires d’intervention.

Le recours au drone doit notamment permettre de couvrir de longues portions du littoral et de produire une cartographie de la pollution. Cette approche s’inscrit dans la méthode développée par Plastic Odyssey lors de précédentes missions conduites dans des territoires isolés, où l’organisation associe reconnaissance scientifique, documentation des déchets et préparation d’opérations de nettoyage.

Arrivée à Libreville avant de rejoindre Port-Gentil, l’équipe a préparé son expédition avec ses partenaires locaux. Le matériel embarqué comprend notamment un drone, des panneaux solaires, de la nourriture lyophilisée et du matériel destiné au transport des déchets. Le départ vers le nord du parc est intervenu le 19 août.

Un sanctuaire naturel sous pression

Les membres de l’équipe de Plastic Odyssey en mission de reconnaissance dans le parc national de Loango. © Facebook/Plastic Odyssey

Situé à environ 300 kilomètres au sud de Libreville, le parc national de Loango couvre quelque 155 000 hectares entre océan, forêt et lagunes. Il constitue l’un des espaces naturels les plus remarquables du Gabon, avec une biodiversité comprenant notamment éléphants, hippopotames, gorilles et plusieurs espèces marines.

Cette valeur écologique explique aussi la portée de l’intervention envisagée. Le parc figure depuis 2022 sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’Unesco, aux côtés de plusieurs autres sites gabonais candidats à une reconnaissance internationale.

Mais la relative préservation du site ne le met pas à l’abri des déchets venus de la mer. Selon Plastic Odyssey, les plages de Loango sont notamment affectées par des déchets plastiques transportés par les cours d’eau et les courants océaniques. Une situation qui illustre la difficulté de contenir une pollution dont les sources peuvent se trouver très loin des espaces finalement touchés.

De la reconnaissance au « grand nettoyage »

La mission actuellement menée au Gabon ne constitue donc pas une opération de nettoyage à proprement parler. Elle doit permettre de déterminer les moyens humains, logistiques et techniques nécessaires à une intervention future.

Cette stratégie correspond à la nouvelle phase dans laquelle Plastic Odyssey est entrée en 2026. Après plus de trois années d’expédition autour du monde à bord de son navire-laboratoire, l’organisation entend désormais concentrer une partie de ses efforts sur des opérations de dépollution ciblées dans des sanctuaires naturels particulièrement exposés.

L’ONG avait déjà travaillé avec l’Unesco sur des sites marins du patrimoine mondial, notamment à Aldabra et sur l’île Henderson. En 2024, une opération menée à Henderson avait permis de collecter et trier 9,3 tonnes de déchets. En 2025, l’Unesco et Plastic Odyssey ont par ailleurs annoncé leur volonté de développer des opérations de grande ampleur contre la pollution plastique dans des sites marins protégés.

Un futur cargo pour transporter les déchets

L’ambition affichée dépasse toutefois le seul nettoyage des plages. Pour ses futures opérations, Plastic Odyssey travaille sur un nouveau navire conçu pour transporter d’importantes quantités de déchets depuis des zones naturelles isolées.

Selon les informations communiquées dans le cadre de la nouvelle stratégie de l’organisation, il s’agirait d’un cargo à voiles, dont la construction est envisagée à l’horizon 2029. Le bâtiment pourrait transporter jusqu’à 250 tonnes de déchets, ouvrant la voie à des opérations de dépollution impossibles à mener avec des moyens conventionnels dans des territoires particulièrement reculés.

Le projet développé à Loango apparaît ainsi comme un premier jalon de cette nouvelle approche. Avant de ramasser, il faut mesurer ; avant de transporter, il faut déterminer les volumes et les points de collecte. La mission engagée au Gabon doit précisément fournir ces données.

Pour Loango, l’enjeu est donc double : débarrasser progressivement ses plages d’une pollution qui menace un écosystème exceptionnel, mais aussi démontrer qu’une action internationale et structurée peut s’attaquer aux déchets plastiques jusque dans les sanctuaires naturels les plus difficiles d’accès.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Fabien NKILI NDEMEZOHO dit :

    Excellente initiative. Comment participer à celle-ci en tant que volontaire de Greenpeace Afrique ?

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